Dans un contexte d’urbanisation rapide et souvent non planifiée, il est crucial de rappeler les règles de base qui régissent les distances minimales de sécurité — appelées servitudes — autour des grandes infrastructures. Ces zones de protection, souvent négligées, sont pourtant essentielles à la sécurité publique, à la durabilité des ouvrages et à la prévention des catastrophes.
- Lignes haute tension : ne pas jouer avec le courant
Les lignes électriques à haute et très haute tension nécessitent des distances de sécurité strictes :
5 à 10 mètres pour les lignes de moyenne tension (20–60 kV) 20 à 30 mètres pour les lignes de haute tension (110–220 kV), jusqu’à 60 mètres pour les lignes de très haute tension (>400 kV).

Aucune construction, ni habitation, ni activité agricole haute, ne doit être installée dans ces zones de servitude. Les risques d’électrocution, d’incendie ou d’interférences électromagnétiques sont réels.
- Lits de rivières : laisser les eaux respirer
Les rivières, cours d’eau et canaux doivent être entourés de zones tampon :
10 à 15 mètres autour du lit mineur, pour la végétation naturelle et les interventions d’entretien,
20 à 100 mètres dans les zones à risque d’inondation, selon les cartographies hydrauliques.
Occuper ces zones, c’est s’exposer à des crues destructrices, mais aussi contribuer à l’érosion et à la pollution des eaux.
- Routes et voiries : anticiper les marges
Les voiries exigent des emprises claires :
20 à 60 mètres d’emprise totale selon qu’il s’agisse d’une route urbaine, nationale ou d’une autoroute,
3 à 10 mètres de recul pour toute construction bordant une rue, afin de préserver les trottoirs, les réseaux souterrains, et permettre les futurs élargissements.
Trop de constructions en RDC mordent sur ces zones, compliquant la circulation et les travaux publics.

Respecter les servitudes, c’est construire l’avenir
Ces normes ne sont pas une contrainte, mais une assurance contre les sinistres, les litiges et les surcoûts d’aménagement futur. Dans un pays en pleine croissance urbaine, intégrer ces règles dès la conception de tout projet — grand ou petit — est un acte de responsabilité.

ExpoBéton invite urbanistes, promoteurs, chefs coutumiers et citoyens à s’approprier ces règles, car bâtir dans l’ordre, c’est garantir la résilience et la durabilité de nos villes.
Rédaction


