Lors de son discours sur l’état de la nation ce mercredi 11 décembre 2024, le Président de la République, Félix Tshisekedi , a reconnu l’ampleur du problème des embouteillages à Kinshasa. S’adressant particulièrement aux habitants de la capitale, il a exprimé sa préoccupation face à cette situation qui affecte la mobilité urbaine et pèse lourdement sur le coût de la vie.

« Je partage avec vous la préoccupation des embouteillages quotidiens qui compliquent les déplacements dans la ville et augmentent le coût de la vie pour nos concitoyens. J’ai instruit le gouvernement de procéder à une évaluation approfondie des mesures existantes et proposer dans les jours à venir des améliorations ou ajustements significatifs pour remédier à cette situation. »
Un fléau économique et social
Les embouteillages à Kinshasa ont des répercussions économiques considérables. Selon une étude récente de l’Agence Congolaise d’Aménagement Urbain (ACAU), les embouteillages entraînent une perte de 3 à 5 heures par jour pour les travailleurs, ce qui représente environ 30 % de la journée active perdue dans le trafic. Cette situation impacte directement la productivité et augmente les coûts logistiques des entreprises.

D’après l’Organisation pour le Développement Urbain de Kinshasa (ODUK), le coût économique des embouteillages est estimé à 300 millions USD par an, incluant les dépenses supplémentaires en carburant et les pertes de productivité.
Des transports en commun insuffisants
Kinshasa, une mégalopole de plus de 15 millions d’habitants, dépend principalement des taxis-bus et motos-taxis pour le transport quotidien. Pourtant, l’offre de transport reste insuffisante face à la demande croissante. Il y a actuellement moins de 1 000 bus publics en circulation, alors que les besoins nécessiteraient au moins 5 000 bus pour couvrir les trajets urbains de manière optimale.
En outre, selon le Ministère des Transports, 70 % des routes principales de la capitale sont en mauvais état, aggravant le problème de congestion.
Vers des solutions concrètes ?
Le Président a demandé une évaluation approfondie pour identifier des solutions concrètes. Parmi les pistes potentielles évoquées précédemment par le gouvernement figurent :
• La réhabilitation de 200 km de routes d’ici 2025.
• La création de voies réservées pour les transports en commun.
• Le développement d’un réseau de trains urbains pour fluidifier le trafic sur les axes majeurs.
Des initiatives telles que la plateforme de covoiturage « Rideshare Kin » et des projets de sens unique sur certaines artères ont déjà montré des résultats prometteurs, avec une réduction de 10 % du temps de trajet dans les zones pilotes.
Un appel à des mesures rapides
Les habitants de Kinshasa attendent désormais des actions rapides et efficaces. La congestion chronique n’est pas seulement une nuisance quotidienne mais une entrave majeure au développement économique et social de la capitale.
Avec cette annonce présidentielle, le gouvernement est désormais sous pression pour présenter et mettre en œuvre des solutions durables dans les prochains mois.
Rédaction


