Trois ans après son lancement médiatisé, le projet de transport urbain par télécabines à Kinshasa semble figé dans l’air du temps. Aucun chantier visible, aucune avancée concrète. Retour sur une promesse suspendue.

Annoncé en grande pompe en 2022, le projet de transport par câble devait marquer un tournant dans la mobilité urbaine à Kinshasa. Porté par le gouvernement congolais avec l’appui technique du constructeur autrichien Doppelmayr, il prévoyait la construction de deux lignes aériennes destinées à désengorger la capitale :
– Une première reliant l’aéroport de Ndjili au centre-ville (Hôtel de ville),
– Une seconde reliant Mont-Amba à l’UPN, via le Rond-point Victoire.
En ligne de mire : désenclaver les quartiers populaires, faciliter les déplacements quotidiens et offrir une alternative innovante aux embouteillages chroniques de la ville.
Silence radio et terrain vide
Depuis l’annonce, plus aucune communication officielle n’a été faite. Et sur le terrain, rien ne bouge : ni chantier, ni fondation, ni pylône, ni station. Les zones concernées n’ont vu passer ni travaux de préparation, ni processus d’indemnisation, ni réunion communautaire.
Le projet, pourtant chiffré à plus de 60 millions de dollars, semble s’être volatilisé, au même titre que d’autres initiatives lancées sans feuille de route claire.
Un projet plombé par le manque de suivi
Selon plusieurs sources proches du dossier, le financement n’aurait jamais été finalisé. Les études de faisabilité, nécessaires à un projet d’une telle ampleur, n’auraient pas été menées à leur terme, et les partenaires techniques seraient restés dans l’attente de garanties gouvernementales.
À cela s’ajoutent les contraintes structurelles :
– L’absence d’un cadre juridique précis pour les partenariats publics-privés,
– Le flou dans la gouvernance entre le gouvernement central et la province de Kinshasa,
– Les difficultés liées à la libération des emprises dans des quartiers densément occupés.
Une désillusion de plus ?

Le cas des télécabines vient renforcer le sentiment de scepticisme grandissant parmi les Kinois. Ce n’est pas le premier projet à être annoncé avec enthousiasme avant de disparaître dans l’oubli. Dans un contexte urbain où les besoins en infrastructures de base restent criants, la population attend des solutions concrètes, durables et réalisables, pas des promesses spectaculaires sans lendemain.
Et maintenant ?
Le gouvernement n’a, à ce jour, ni confirmé l’abandon du projet, ni proposé un nouveau calendrier. En attendant, Kinshasa continue de s’étouffer dans les embouteillages pendant que les télécabines restent… à quai.
Rédaction


