RDC : Après sa réhabilitation, le marché central Zando toujours inaccessible à cause d’infrastructures routières délabrées

Ce vendredi 17 janvier 2025, le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, a visité les infrastructures routières menant au centre-ville de Kinshasa, notamment celles conduisant au marché central Zando. Ce dernier, récemment réhabilité pour plusieurs millions de dollars, se retrouve paradoxalement encerclé par des routes impraticables et des infrastructures secondaires inexistantes.

Un constat alarmant malgré des investissements lourds

La réhabilitation du marché central Zando, achevée en 2024, a coûté 25 millions de dollars, selon les chiffres du ministère de l’Urbanisme et Habitat. Cet investissement avait pour objectif de moderniser l’une des plus grandes plateformes commerciales de Kinshasa, fréquentée quotidiennement par près de 500 000 personnes,selon les chiffres du ministère de l’économie nationale.Le projet comprenait la rénovation des étals, la mise en place d’un système d’évacuation des eaux usées et l’ajout d’infrastructures modernes pour les commerçants.

Cependant, cette modernisation semble déconnectée de son environnement immédiat. Les principales voies d’accès au marché, comme l’avenue Kasa-Vubu et l’avenue de l’Équateur, sont dans un état de délabrement avancé. Des nids-de-poule géants, des caniveaux bouchés, et des montagnes de déchets entravent non seulement la circulation, mais également l’accès au marché pour les commerçants et les consommateurs.

Par ailleurs,l’état des routes autour de Zando a des répercussions économiques directes. Les transporteurs, confrontés à des embouteillages interminables et à la détérioration de leurs véhicules, augmentent leurs tarifs. Par exemple, le coût moyen pour acheminer un sac de riz de 25 kg des entrepôts de Kingabwa jusqu’au marché central a augmenté de 30 %, passant de 5 000 à 6 500 FC en un an. Ces surcoûts sont répercutés sur les consommateurs, déjà accablés par une inflation de 13 % en 2024.

De plus, le marché modernisé peine à attirer les acheteurs. « Le marché est beau à l’intérieur, mais on ne peut pas y arriver facilement. Nous passons des heures dans les embouteillages pour venir vendre », déplore Esther Mboma, une commerçante de produits vivriers.

Cette situation met en évidence les failles d’une approche centrée uniquement sur la réhabilitation des infrastructures internes des marchés, sans considération pour les infrastructures environnantes. L’absence de parkings, par exemple, aggrave encore la congestion. Actuellement, les véhicules des commerçants et des acheteurs stationnent de manière anarchique sur les trottoirs, rendant la circulation quasi impossible.

À titre de comparaison, des villes comme Abidjan( Côte-d’Ivoire) ont intégré des plans de modernisation urbaine globale. Le marché central d’Abidjan par exemple, a été accompagné de la construction de parkings souterrains, de routes d’accès modernes et d’un système efficace de collecte des déchets, augmentant ainsi la fréquentation et les recettes fiscales.

Un gaspillage potentiel des investissements publics

L’investissement massif dans la réhabilitation de Zando risque de devenir un gaspillage si des mesures urgentes ne sont pas prises. À ce jour, seulement 40 % des déchets produits par le marché (environ 60 tonnes par jour) sont collectés, tandis que les inondations causées par des caniveaux obstrués rendent certaines zones inutilisables en période de pluie.

Par ailleurs, l’anarchie urbanistique autour de Zando pose un défi supplémentaire. Les immeubles vétustes et les constructions illégales se multiplient sans aucun contrôle, accentuant l’engorgement et compromettant la sécurité des usagers.

Face à ce constat, ExpobetonRDC préconise des mesures immédiates et stratégiques pour garantir l’efficacité des investissements réalisés à Zando. Parmi les solutions envisagées :
1. Réhabilitation des voies d’accès : Les avenues principales desservant le marché doivent être rénovées en priorité. Des partenariats public-privé (PPP) pourraient être envisagés pour financer ces travaux.
2. Construction de parkings modernes : La création de parkings autour de Zando permettrait de désengorger les voies publiques tout en générant des revenus supplémentaires pour l’Hôtel de Ville et ses partenaires en PPP.


3. Gestion rigoureuse des déchets : Une collecte quotidienne des ordures et l’installation de points de tri autour du marché sont impératives pour éviter l’accumulation des immondices.
4. Urbanisme harmonisé : Les constructions anarchiques doivent être démolies et remplacées par des infrastructures planifiées, avec des espaces pour les piétons et les commerçants ambulants. Un Plan d’occupation du sol POS et un Plan d’Amenagement Particulier de la zone basés sur le SOSAK sont à faire et à imposer !
5. Mise en œuvre d’un plan global : À l’instar d’Abidjan, Kinshasa doit adopter une vision à long terme qui intègre la modernisation des marchés dans une stratégie urbaine cohérente. Les 24 communes de la ville-province doivent harmoniser leurs approches pour une autonomie locale, en fin d’éviter les déplacements massifs des vendeurs et acheteurs.

La visite du président Tshisekedi doit servir d’électrochoc pour les autorités locales et nationales. Il est inadmissible que des infrastructures coûteuses comme le marché central Zando restent inaccessibles à cause d’une mauvaise planification et d’une gestion inefficace.
Les colmatage sur la voirie doivent faire place à un véritable plan urbain avec ses voiries et réseaux de drainages fonctionnels.

Le marché central de Kinshasa, véritable poumon économique de la capitale, mérite une attention prioritaire. Il en va non seulement de la survie des commerçants et des usagers, mais aussi de l’image d’un pays qui aspire à devenir une puissance économique régionale. Il est temps de passer des paroles aux actes.
RÉDACTION

Dernières nouvelles
- Advertisement -spot_img
Nouvelles connexes
- Advertisement -spot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

×