Kinshasa, 25 juillet 2025 – La République Démocratique du Congo vient de franchir un pas décisif dans la modernisation de son environnement des affaires. Lors de la 53ᵉ réunion du Conseil des ministres, le gouvernement a adopté un décret instituant le guichet unique pour les Zones Économiques Spéciales (ZES), une réforme présentée par Louis Watum Kabamba, ministre de l’Industrie et du Développement des PME.
Un dispositif central pour simplifier la vie des entreprises

Placée sous l’autorité de l’Agence des Zones Économiques Spéciales (AZES), cette nouvelle structure administrative réunira en un seul point – physique ou virtuel – toutes les formalités nécessaires :
• Enregistrement des aménageurs ;
• Installation des entreprises dans les ZES ;
• Gestion des procédures liées aux travailleurs.
Seules les autorisations nécessitant des expertises techniques spécifiques resteront hors du guichet unique.
Premier terrain d’expérimentation : la ZES pilote de Maluku, où la mise en œuvre concrète permettra de mesurer l’impact réel de cette simplification administrative.
Une réforme ancrée dans la loi
Le nouveau décret s’inscrit dans la continuité de la loi‑cadre n° 14/022 du 7 juillet 2014, qui a instauré les ZES, et du décret n° 18/060 du 29 décembre 2018, encadrant la participation des aménageurs. Il vient compléter le décret n° 20/004 du 5 mars 2020, qui avait défini le principe du guichet unique, désormais confié à la gestion opérationnelle de l’AZES.
Objectif : efficacité, transparence et attractivité
Dans un contexte où la fiabilité administrative est l’une des clés pour attirer les investisseurs, ce guichet unique vise à :
• Réduire les délais d’installation des entreprises ;
• Accroître la transparence des procédures ;
• Offrir une prévisibilité réglementaire indispensable pour sécuriser les investissements industriels.
En d’autres termes, il s’agit de booster l’attractivité des ZES congolaises face à la concurrence régionale.

Prochaine étape : les textes d’application
Si le cadre légal est désormais posé, son efficacité dépendra de la publication rapide des textes d’application, qui devront préciser :
• Les procédures de dépôt ;
• Les délais et coûts officiels ;
• Le fonctionnement de l’interface numérique ;
• La formation des agents de l’AZES ;
• La coordination avec les ministères sectoriels.
Sans ces précisions, la réforme pourrait perdre en impact et créer un décalage entre ambition et réalité.
Un tournant stratégique pour l’économie congolaise
En lançant ce guichet unique, la RDC s’aligne sur les meilleures pratiques internationales pour dynamiser ses ZES et créer un climat d’affaires compétitif. La réussite de cette transformation dépendra désormais de la fluidité et de la rapidité du dispositif, véritable vitrine de la volonté gouvernementale d’attirer des capitaux étrangers et de favoriser l’industrialisation nationale.
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