SMIG et chantiers en cours : le Club BTP & CMA plaide pour un moratoire transitoire

Une alerte adressée au ministre de l’Emploi
Face à l’entrée en vigueur du nouveau Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), le Club BTP & CMA a officiellement saisi le Ministère de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance Sociale.
Dans un courrier argumenté, l’organisation professionnelle sollicite un moratoire sur l’application immédiate du nouveau SMIG aux projets immobiliers et de construction déjà en cours d’exécution, c’est-à-dire contractualisés avant la révision salariale.

Une position de principe : soutenir le progrès social, sans casser l’outil économique
Le Club tient à lever toute ambiguïté : sa démarche ne remet nullement en cause l’objectif social de revalorisation des salaires et de protection du pouvoir d’achat des travailleurs.
Elle vise plutôt à prévenir un choc brutal sur des chantiers dont les budgets, les délais et les équilibres financiers ont été arrêtés sur la base de l’ancien SMIG.

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Quand la hausse du SMIG bouleverse l’équation financière du BTP
Selon la note de conjoncture jointe au courrier, la main-d’œuvre représente en moyenne 35 % à 45 % du coût total d’un ouvrage dans le secteur du BTP en RDC.
Dans ce contexte, une augmentation de 20 % du SMIG entraînerait mécaniquement une hausse globale des coûts de production de l’ordre de 7 % à 9 % pour un projet immobilier standard.

Or, rappelle le Club, la marge bénéficiaire moyenne du secteur oscille entre 5 % et 8 %.
Autrement dit, pour de nombreux chantiers déjà engagés, la revalorisation salariale pourrait transformer une opération rentable en projet déficitaire, sans possibilité contractuelle de révision immédiate des prix.

Des risques systémiques pour les chantiers et l’emploi
Le courrier met en évidence plusieurs conséquences potentielles si l’application du nouveau SMIG est imposée sans transition :
• Arrêts ou ralentissements de chantiers, faute de trésorerie suffisante ;
• Tensions financières accrues pour les entreprises, en particulier les PME du BTP ;
• Licenciements techniques ou réduction des effectifs, paradoxalement contraires à l’objectif social recherché ;
• Contentieux contractuels entre maîtres d’ouvrage et entreprises ;
• Ralentissement de l’investissement immobilier et fragilisation d’un secteur à forte intensité de main-d’œuvre.

La proposition du Club : moratoire et progressivité
Pour concilier impératif social et continuité économique, le Club BTP & CMA avance une solution pragmatique :
• Un moratoire de 36 mois sur l’application du nouveau SMIG pour les projets disposant d’un permis de construire ou d’un contrat signé avant le 1er janvier 2026 ;
• Une application progressive du nouveau SMIG pour les nouveaux contrats, permettant aux entreprises d’intégrer dès l’origine la nouvelle donne salariale dans leurs offres et leurs budgets.

Un enjeu stratégique au croisement du social et de l’économie
Au-delà du débat sectoriel, la question posée est structurante : comment protéger le pouvoir d’achat des travailleurs sans compromettre la viabilité des entreprises et la continuité des chantiers structurants ?
Pour le Club BTP & CMA, la réponse passe par le dialogue, l’anticipation et des mécanismes transitoires intelligents, afin que la réforme du SMIG soit un levier de progrès durable et non un facteur de blocage économique.


La Rédaction

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