Kolwezi, 21 novembre 2025 La République démocratique du Congo franchit une étape décisive dans la professionnalisation de son secteur du bâtiment et des travaux publics. Le Club BTP CMA a annoncé la création de nouveaux référentiels de formation professionnelle en swahili et en lingala, en collaboration avec le ministère de la Formation professionnelle. Une initiative stratégique visant à doter le pays d’une main-d’œuvre qualifiée et capable de répondre aux exigences des normes modernes de construction.

« Nous voulons bâtir un pays respectueux des normes à travers une main-d’œuvre qualifiée. C’est pourquoi nous développons des référentiels de formation en langues nationales, plus accessibles pour nos jeunes et nos artisans », a déclaré le président du Club BTP CMA, le sénateur Jean Bamanisa Saidi, lors d’une intervention remarquée.
Rendre la formation accessible : un geste fort pour l’inclusion
Dans un pays où une grande partie des artisans et ouvriers du BTP n’a pas bénéficié d’une formation formelle, l’usage des langues nationales constitue une révolution.
L’objectif est clair : lever les barrières linguistiques qui empêchent de nombreux jeunes de comprendre les normes, les consignes techniques et les bonnes pratiques du métier.
En rendant les contenus techniques accessibles en swahili et en lingala deux des langues les plus parlées du pays le Club BTP CMA et le ministère veulent démocratiser l’accès au savoir, réduire les accidents sur les chantiers et renforcer la qualité des constructions.
Un secteur stratégique qui manque cruellement de compétences
La RDC fait face à un déficit majeur de main-d’œuvre qualifiée dans la construction. Malgré une demande croissante liée aux infrastructures publiques, aux chantiers miniers, aux projets privés et à l’urbanisation rapide, les centres de formation restent insuffisants et les programmes souvent dépassés.
Résultat :
• des bâtiments construits sans respect des normes,
• une dépendance excessive à la main-d’œuvre étrangère,
• des coûts de construction plus élevés,
• et une faible compétitivité des artisans congolais.
L’initiative du Club BTP CMA apparaît ainsi comme une réponse structurante à un problème profond et urgent.
Un partenariat institutionnel porteur d’espoir
Le ministère de la Formation professionnelle a salué cette collaboration, soulignant qu’elle s’inscrit dans la vision gouvernementale d’un pays émergent fondé sur des compétences locales solides.
La mise en place de référentiels actualisés permettra :
• la certification des métiers du BTP,
• l’harmonisation des programmes de formation,
• l’amélioration de la qualité pédagogique dans les centres,
• et l’alignement des pratiques congolaises aux standards internationaux.
Selon Jean Bamanisa, ces référentiels serviront de base pour « former une nouvelle génération de bâtisseurs, mieux préparés, mieux outillés, et capables de relever les défis de la construction moderne ».
Construire le pays, c’est aussi former ses bâtisseurs
Avec cette initiative, la RDC pose une pierre importante vers la professionnalisation du secteur du BTP.
En choisissant de former dans les langues que parlent réellement les artisans, le pays fait un pari audacieux : celui de l’inclusion, de la qualité et de la sécurité.

À l’heure où la RDC ambitionne de rattraper son retard en matière d’infrastructures, investir dans la formation n’est plus une option : c’est la base même du développement durable.
Rédaction


