Expobéton RDC 2025 : Le ministre Watum dévoile un ambitieux corridor de développement intégré de 6 milliards USD

Lubumbashi, samedi 19 avril 2025 — L’avenir logistique et industriel de la République Démocratique du Congo vient de prendre un nouveau tournant décisif. Louis Watum Kabamba ,ministre de l’Industrie, a présenté en marge de la 9ᵉ édition d’Expobéton RDC un projet titanesque baptisé « Corridor de Développement Intégré », reliant Kipushi (Haut-Katanga) à Muanda (Kongo-Central), jusqu’au port en eau profonde de Malela.

D’un coût estimé à 6 milliards de dollars américains, ce corridor stratégique s’étendra sur plus de 2 000 kilomètres, traversant 11 provinces du pays. L’horizon de livraison est fixé à 2031, avec une phase préparatoire déjà en cours.

« Ce corridor, c’est bien plus qu’une infrastructure. C’est un catalyseur de transformation économique. Il vise à désenclaver l’intérieur du pays, créer une chaîne logistique intégrée et accélérer la transformation locale de nos matières premières », a déclaré le ministre Watum devant un parterre d’investisseurs, d’experts, et de représentants des provinces concernées.

Un axe structurant pour une RDC connectée

Le corridor de développement intégré ambitionne de connecter les centres miniers, industriels et agricoles de l’arrière-pays aux zones portuaires et aux marchés internationaux. Parmi les infrastructures prévues :
• Une voie ferrée moderne électrifiée ;
• Des zones économiques spéciales (ZES) le long du tracé ;
• Des postes de transformation industrielle (minerais, produits agricoles, bois) ;
• Des centres logistiques et hubs de fret multimodal ;
• Des centrales énergétiques pour alimenter le corridor.

Les 11 provinces concernées incluent entre autres : le Haut-Katanga, le Lualaba, le Kasaï Oriental, le Kasaï Central, le Kwilu, le Kwango, le Mai-Ndombe, le Kongo-Central, et Kinshasa.

« Ce corridor est conçu pour impulser un développement équilibré du territoire et pour corriger l’histoire désastreuse de l’enclavement congolais », a martelé le ministre.

Une réponse à la dépendance aux corridors étrangers

Le projet vise également à réduire la dépendance actuelle de la RDC aux corridors internationaux, notamment celui de Lobito (via l’Angola) ou de Beira et Durban (via la Zambie et l’Afrique du Sud). Il s’inscrit dans la vision souverainiste du président Félix Tshisekedi, qui veut renforcer l’ancrage régional de la RDC tout en maîtrisant ses infrastructures critiques.

Watum a insisté sur l’impact multiplicateur de ce projet : création d’emplois, industrialisation des provinces traversées, renforcement de la sécurité logistique, élargissement de la base fiscale et rehaussement du PIB national.

Financement et mobilisation en cours

Le ministre a révélé que des discussions sont déjà entamées avec plusieurs partenaires techniques et financiers, dont la Banque Africaine de Développement (BAD), la Banque Mondiale, la Chine, des consortiums privés ainsi que des institutions de financement africaines et arabes.

Une cellule spéciale de coordination interinstitutionnelle sera mise en place, en partenariat avec la Présidence, pour suivre la mise en œuvre de ce mégaprojet.

Avec ce corridor, la RDC ne rêve plus seulement de développement ,elle trace ses propres routes vers la souveraineté économique. Si ce projet voit pleinement le jour d’ici 2031, il pourrait devenir l’une des plus grandes infrastructures intégrées du continent africain, transformant durablement le visage du territoire et de l’économie congolaise.

Rédaction

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