Kalemie, Tanganyika – La 11ᵉ édition d’ExpoBéton RDC s’est achevée ce samedi 30 mai 2026 à Kalemie, après quatre jours de réflexions stratégiques, de rencontres d’affaires et de débats de haut niveau consacrés à l’avenir économique de la République démocratique du Congo. Pour la première fois organisée dans la province du Tanganyika, cette édition a marqué un tournant majeur en mettant en lumière le potentiel exceptionnel de cette région appelée à jouer un rôle déterminant dans le développement du pays.
Placée sous le thème « Kalemie, capitale du lithium et carrefour stratégique au cœur des corridors africains de l’Est, du Sud et de l’Ouest », la rencontre a réuni des membres du gouvernement, des parlementaires, des représentants du secteur privé, des investisseurs nationaux et internationaux, ainsi que des experts venus réfléchir aux opportunités et défis liés à la transformation économique du Tanganyika.

Dans son discours de clôture, le président du comité d’organisation d’ExpoBéton RDC, Jean Bamanisa Saidi, a salué le succès de cette édition historique, tout en soulignant l’importance des recommandations formulées durant les travaux.
« Kalemie n’est plus une simple ville. Elle s’impose désormais comme un carrefour stratégique capable de connecter les marchés régionaux et de contribuer à la transformation structurelle de notre économie », a-t-il déclaré devant les autorités nationales et provinciales.
Une province aux immenses atouts
Au cœur des échanges, les participants ont mis en évidence les nombreux atouts du Tanganyika. Dotée d’importantes ressources minières, notamment en lithium, d’un vaste potentiel agricole, énergétique et halieutique, ainsi que d’une position géographique privilégiée sur le lac Tanganyika, la province dispose de tous les ingrédients nécessaires pour devenir un pôle économique majeur de la RDC.
Les débats ont notamment insisté sur le rôle stratégique du port de Kalemie, du réseau ferroviaire de la SNCC et des corridors reliant la RDC aux pays voisins tels que la Tanzanie, la Zambie, le Burundi et l’Ouganda.Cependant, les experts ont également dressé un diagnostic sans complaisance des obstacles qui freinent encore le développement de la province.
Des défis majeurs à relever
Parmi les préoccupations soulevées figurent l’insécurité alimentaire persistante, l’enclavement de nombreuses zones de production, l’insuffisance des infrastructures logistiques, les pertes post-récoltes importantes ainsi que le déficit de qualification de la main-d’œuvre.Les intervenants ont également souligné les difficultés liées à l’absence d’un système harmonisé de certification professionnelle, à la précarité du secteur informel, aux défis fonciers et aux conséquences croissantes du changement climatique, notamment la montée des eaux du lac Tanganyika qui menace certaines infrastructures.Pour les participants, ces contraintes constituent autant de freins à l’attractivité économique et à la compétitivité du territoire.

Une feuille de route pour la transformation
Face à ces défis, plusieurs pistes de solutions ont été proposées au cours des différents panels.Les recommandations portent notamment sur la modernisation des infrastructures routières, ferroviaires et portuaires afin de désenclaver les bassins de production et renforcer l’intégration régionale. La création de hubs logistiques modernes, équipés de capacités de stockage et de chaînes du froid, a également été présentée comme une priorité pour réduire les pertes agricoles et améliorer l’accès aux marchés.
Les experts ont par ailleurs plaidé pour le développement de zones agro-industrielles capables de transformer localement les produits agricoles et miniers, tout en favorisant l’utilisation des énergies renouvelables pour soutenir l’industrialisation.Sur le plan de l’emploi, les travaux ont recommandé la mise en place d’un Registre National de Certification Professionnelle et l’instauration de la Valorisation des Acquis de l’Expérience (VAE), afin de reconnaître officiellement les compétences acquises sur le terrain et de faciliter l’insertion professionnelle.
La jeunesse au cœur de la Vision 2050
La dernière journée du forum a été consacrée à la jeunesse, à l’innovation et à l’employabilité. Des entrepreneurs, étudiants et innovateurs ont présenté plusieurs projets liés à l’intelligence artificielle, à la blockchain et aux nouvelles technologies appliquées notamment à la traçabilité des minerais.Cette orientation illustre la volonté des organisateurs de placer le capital humain au centre de la stratégie de développement du pays.« Les infrastructures et les investissements ne suffiront pas sans une main-d’œuvre qualifiée et adaptée aux exigences de l’économie moderne », ont rappelé plusieurs intervenants.
Des perspectives d’investissement encourageantes
L’édition 2026 d’ExpoBéton a également permis l’organisation de nombreuses rencontres d’affaires dans le cadre du programme International Business Connexion (IBC). Selon les organisateurs, plusieurs intentions d’investissement ont été exprimées dans des secteurs clés tels que les mines, les infrastructures, l’énergie, le tourisme et l’agro-industrie.Ces échanges témoignent de l’intérêt croissant des investisseurs pour le potentiel économique du Tanganyika et pour les opportunités offertes par les grands projets structurants en cours de développement.
Un signal fort pour la décentralisation du développement
Au-delà des annonces et des partenariats, cette édition d’ExpoBéton aura surtout démontré l’importance de valoriser les provinces dans la stratégie nationale de développement.En choisissant Kalemie comme ville hôte, les organisateurs ont voulu envoyer un message clair : la croissance économique de la RDC passera par l’émergence de nouveaux pôles régionaux capables de transformer localement leurs ressources et de s’intégrer davantage aux marchés africains.
À l’heure de la clôture, un constat s’impose : le Tanganyika dispose des ressources, des ambitions et des opportunités nécessaires pour devenir l’un des moteurs de la transformation économique congolaise. Le défi consiste désormais à traduire les recommandations formulées durant ces assises en actions concrètes, capables d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.Le rendez-vous est déjà pris pour la prochaine édition d’ExpoBéton RDC prévue à Kinshasa en octobre 2026, avec l’espoir que les engagements pris à Kalemie marqueront le début d’une nouvelle dynamique de développement pour la République démocratique du Congo.
Revivez en intégralité la clôture des travaux de la 11ᵉ édition d’Expo Béton RDC en accédant à la vidéo via le lien suivant
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