KALUMBA MWANA NGONGO : “Nous sommes le coffre-fort du monde, mais nous vivons dans la pauvreté”

Kinshasa, 11 octobre 2025 — Lors de son intervention remarquée à Expobéton 2025, le ministre congolais des Petites et Moyennes Entreprises (PME), KALUMBA MWANA NGONGO, a livré un message fort sur la responsabilité collective et la transformation économique du pays.

“La remise en question de soi-même est essentielle. Pourquoi ? Parce que nous sommes le coffre-fort du monde, mais nous vivons dans la pauvreté”, a lancé le ministre devant un auditoire attentif.

Trois leviers pour transformer le potentiel congolais

Le ministre a insisté sur la nécessité d’une approche structurée pour libérer l’énergie entrepreneuriale de la jeunesse congolaise. Trois piliers, selon lui, sont indispensables :
1. La capacitation : “Même si nous avons des talents naturels, il faut être formé. Cela passe par le mentorat, l’éducation et la formation continue.”
2. L’accès au crédit : KALUMBA MWANA NGONGO a mis en avant la création du Fonds de garantie de l’entrepreneuriat congolais (FOGEC), une initiative destinée à lever l’un des plus grands freins à la croissance des PME.
3. L’accès aux marchés : Il a rappelé l’action de l’ARSP (Autorité de Régulation de la Sous-Traitance dans le Secteur Privé), qui réserve 40 % des marchés publics aux PME congolaises.

“Mais même si vous remplissez ces trois conditions, il vous faut un climat des affaires qui ne tue pas la startup avant qu’elle ne respire”, a-t-il prévenu, plaidant pour un environnement économique plus favorable aux jeunes entreprises.

Repenser l’investissement national

Dans une comparaison audacieuse, le ministre a évoqué les coûts des élections successives en RDC :
• 2006 : 500 millions ¥
• 2011 : 700 millions $
• 2018 : 1 milliard $
• 2023 : plus d’un milliard $

“Cet argent a financé la production des députés nationaux, provinciaux et des conseillers municipaux. Nous avons financé la démocratie, maintenant il est temps de financer le développement,” a-t-il affirmé.

KALUMBA MWANA NGONGO a ainsi proposé que les mêmes montants qui ont servi à organiser les élections soient désormais investis directement dans les territoires et communes urbaines, pour impulser une nouvelle dynamique économique à la base.

Un appel à l’action collective

Son discours a résonné comme un appel à la responsabilité et à la confiance nationale :

“Nous devons cesser de dépendre des autres. La richesse est ici, en nous, dans nos terres, dans nos idées. Ce qui manque, c’est la discipline, la formation et la volonté collective de bâtir.”

Avec cette vision pragmatique et ambitieuse, le ministre des PME redéfinit le rôle de l’État non plus comme simple régulateur, mais comme catalyseur du potentiel congolais.

Rédaction

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