À Kinshasa, lors du déjeuner-débat de ce samedi 28 février 2026, une voix s’est élevée avec clarté et fermeté : celle de Monsieur Muyembe, représentant de ACOPRIM. Au cœur des échanges, une réalité préoccupante : malgré son rôle stratégique dans le développement immobilier, l’agence reste largement sous-financée par l’État congolais.

Avec seulement 4 milliards de francs congolais à peine 2 millions de dollars alloués, l’écart entre les ambitions affichées et les moyens accordés saute aux yeux. Une somme jugée dérisoire face aux défis colossaux liés à l’urbanisation rapide de la République démocratique du Congo.
Pourtant, tout n’est pas sombre. L’ACOPRIM salue avec optimisme la nouvelle loi sur la numérisation du secteur. Une réforme perçue comme un levier essentiel pour moderniser la gestion foncière, améliorer la transparence et fluidifier les procédures administratives. « La numérisation nous rassure », a souligné Muyembe, traduisant un espoir partagé par de nombreux acteurs.
Mais cet enthousiasme reste mesuré. Car derrière les promesses du numérique se cachent aussi des risques bien réels. Sans mécanismes de contrôle solides, la digitalisation pourrait ouvrir la porte à de nouvelles formes de dérives. D’où l’appel clair à l’instauration de garde-fous efficaces.

Plus encore, l’ACOPRIM plaide pour une approche concertée. Elle propose la création d’un cadre permanent de dialogue réunissant les ministères sectoriels, mais aussi des acteurs clés comme SNEL et REGIDESO. Une coordination jugée indispensable pour garantir la cohérence des politiques urbaines et la réussite des projets immobiliers.
Ce plaidoyer met en lumière un enjeu central : le développement urbain ne peut réussir sans synergie entre institutions. La numérisation, aussi prometteuse soit-elle, ne suffira pas à elle seule. Elle doit s’inscrire dans une vision globale, soutenue par des moyens conséquents et une gouvernance rigoureuse.

Entre espoir de modernisation et dénonciation d’un soutien insuffisant, l’ACOPRIM trace ainsi une ligne claire : oui à la numérisation, mais pas à n’importe quel prix ni dans n’importe quelles conditions. Une position lucide, à la hauteur des défis urbains que doit relever la RDC.
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