La capitale congolaise amorce un virage décisif dans la modernisation de ses infrastructures routières. Lors de l’émission Le Débat sur Top Congo FM, le gouverneur Daniel Bumba Lubaki a levé le voile sur l’état d’avancement des travaux et la vision ambitieuse qui se dessine pour les années à venir. Avec 62 kilomètres déjà livrés ou en phase finale, et un objectif colossal de 2 000 km d’ici cinq ans, Kinshasa veut rompre avec des décennies de sous-investissement et de laisser-aller.

62 kilomètres déjà transformés, des quartiers longtemps oubliés désenclavés
Les chiffres, validés par le ministère provincial des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction (ITP-R), parlent d’eux-mêmes : 62 km de routes en béton ont été achevés ou sont en cours de finalisation. Parmi les axes emblématiques : les avenues Flambeau, Kasaï (entre Kabinda et Tombalbaye), Itaga, Kabambare, Wangata et Colonel Ebeya.

Mais au-delà du centre-ville, c’est dans les communes périphériques – Makala, Kimbanseke, Kwilou, Kimuenza, Assosa – que le changement se fait le plus sentir. Certaines artères y sont asphaltées pour la toute première fois, offrant une bouffée d’oxygène à des habitants longtemps coupés du reste de la ville par des routes impraticables.
Des chantiers structurants en cours
Le programme ne s’arrête pas là. Sur l’avenue Kabinda, un axe stratégique entre Barumbu et Lingwala, 3,77 km sont en cours de réhabilitation en béton. À Bandalungwa, l’avenue Kisangani bénéficie elle aussi d’une remise à neuf, avec 1,6 km de voirie planifiés – dont 500 mètres déjà achevés en béton bitumineux.

Ces travaux marquent un tournant vers une approche plus durable : finies les couches d’asphalte fragiles et éphémères, place à des routes plus solides, pensées pour durer.
Objectif 2029 : bâtir ou réhabiliter 2 000 km de routes
Face à un réseau en décomposition 750 km sur les 1 006 km de voirie revêtue sont aujourd’hui en mauvais état le gouvernement provincial mise sur un plan de choc. Chaque année, 500 km de routes doivent être construits ou rénovés pour atteindre un total de 2 000 km en 2029.
Un pari audacieux qui, s’il est tenu, pourrait redéfinir la mobilité à Kinshasa et décongestionner une ville souvent paralysée par le chaos routier.
Transparence, contrôle et vigilance citoyenne
Mais la route vers le succès est semée d’embûches. Pour éviter les échecs du passé retards chroniques, malfaçons, surfacturations la mise en œuvre devra être accompagnée de contrôles techniques rigoureux et d’un suivi transparent.

Le gouverneur Bumba l’affirme : « Il ne s’agit pas simplement de construire, mais de construire durablement. » Le défi est lancé, et les Kinois seront les premiers juges de sa réussite.
Kinshasa change de cap. Reste à savoir si la dynamique enclenchée résistera à l’épreuve du temps, des budgets… et de la réalité du terrain.
Rédaction


