La Banque mondiale remet son rapport économique à la FEC : 6,6 % de croissance mais un système fiscal à réformer

Lubumbashi, 17 septembre 2025.
La Banque mondiale a présenté officiellement, à Lubumbashi, son dernier rapport sur la situation économique de la République démocratique du Congo (RDC), intitulé « Réévaluer les incitations fiscales : le rendez-vous manqué des promesses de croissance et d’équité ». La cérémonie s’est tenue à l’hôtel Karavia, en présence d’Albert Zeufack, Directeur des opérations pour la RDC, le Burundi, l’Angola et Sao Tomé-et-Principe, et des membres de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) du Haut-Katanga.

Une croissance robuste mais inégalitaire

Selon le rapport, la RDC a enregistré une croissance économique de 6,6 % en 2024, principalement tirée par le secteur minier qui représente plus de 95 % des exportations et environ 40 % du PIB. Cependant, cette performance masque des déséquilibres :
• Le taux de pauvreté national reste supérieur à 60 %.
• Le secteur privé hors mines ne contribue qu’à 15 % de la création d’emplois formels.
• Les incitations fiscales, évaluées à près de 5 % du PIB en manque à gagner, n’ont pas permis de générer une diversification économique significative.

La Banque mondiale interpelle sur les incitations fiscales

« La Banque mondiale n’est pas seulement un bailleur de fonds, mais une banque de connaissances. Ce rapport invite à réévaluer les exonérations fiscales qui privent l’État de ressources essentielles sans apporter les retombées promises », a insisté Albert Zeufack devant le patronat katangais.

Il a encouragé les membres de la FEC à étudier le rapport et à transmettre leurs observations :

« Le secteur privé crée les emplois et la prospérité. C’est lui qui doit s’approprier les réformes. »

La FEC du Haut-Katanga s’engage

Patrick Muland, Président de la FEC du Haut-Katanga, a salué l’initiative et promis de diffuser le contenu du rapport auprès de sa base :

« Le fait que la Banque mondiale soit venue physiquement échanger avec nous montre l’importance stratégique de la région. Nous allons analyser ce rapport et nous engager sur les propositions concrètes. »

Le Corridor de Lobito au cœur des discussions

En marge de la remise du rapport, la délégation de la Banque mondiale a rencontré les autorités provinciales afin d’identifier les opportunités d’investissement autour du Corridor de Lobito, projet ferroviaire régional reliant la RDC à l’Angola et à la Zambie.

Une étude d’impact économique sera menée conjointement par l’Université de Lubumbashi, celle de Kolwezi et les experts de la Banque mondiale. Objectif : mesurer les effets potentiels du corridor sur la logistique minière, l’industrialisation locale et les revenus communautaires.

Un rendez-vous pour l’équité et la croissance

Avec ce rapport, la Banque mondiale invite la RDC à arbitrer entre la recherche d’investissements étrangers et la mobilisation des recettes domestiques. En chiffres, il s’agit de :
• 5 % du PIB perdus chaque année en exonérations fiscales.
• Une croissance minière qui pourrait atteindre 8 % par an d’ici 2027 si les investissements sont mieux encadrés.
• Une opportunité unique pour transformer cette croissance en emplois, infrastructures et réduction durable de la pauvreté.

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