L’ambassadeur d’Éthiopie à Expobéton RDC : “La diaspora est une force stratégique pour reconstruire un pays post-conflit”

Kinshasa, 8 octobre 2025 .À l’ouverture de la 10ᵉ édition d’Expobéton RDC, l’Ambassadeur d’Éthiopie en République Démocratique du Congo a livré une intervention captivante sur le rôle déterminant de la diaspora dans la reconstruction nationale.
En retraçant l’expérience de son pays, il a démontré comment le savoir, la discipline et la solidarité des Éthiopiens de l’étranger ont contribué à faire de l’Éthiopie une puissance économique émergente du continent africain.

“L’Éthiopie, tout comme la RDC, a traversé des périodes de guerre. Mais nous avons su transformer nos défis en opportunités grâce à l’implication directe de notre diaspora dans la reconstruction du pays,” a-t-il déclaré.

La diaspora éthiopienne : moteur de transformation nationale

Au lendemain du conflit, le gouvernement éthiopien a compris l’importance de mobiliser les compétences de ses ressortissants à l’étranger.
C’est dans cette dynamique qu’a été créée Ethiopian Airlines, aujourd’hui l’une des compagnies aériennes les plus performantes d’Afrique, fruit d’un travail collectif entre l’État et les ingénieurs, pilotes et techniciens formés à l’étranger.

“La diaspora éthiopienne n’a pas seulement investi, elle a transféré du savoir, de la rigueur et une culture d’excellence,” a souligné le diplomate.

Des milliers de jeunes Éthiopiens envoyés en Europe et aux États-Unis pour étudier sont revenus bâtir le pays, dans les secteurs de l’aviation, de la médecine, de la technologie et de la recherche scientifique.
Leur retour a permis d’implanter une culture du mérite et de l’innovation, soutenue par l’État.

Le transfert de compétences : la médecine comme vitrine du succès

L’ambassadeur a cité le cas emblématique du secteur médical :
plusieurs médecins éthiopiens formés à l’étranger sont aujourd’hui des sommités internationales, effectuant régulièrement des missions dans leur pays pour former et encadrer les jeunes praticiens.

“Trois de nos compatriotes sont devenus mondialement connus dans le domaine médical. Tous les six mois, ils reviennent en Éthiopie pour transmettre leur savoir. Ce modèle fonctionne et inspire toute une génération.”

Ce mécanisme de retour du savoir-faire a permis d’améliorer la qualité des soins, de moderniser les hôpitaux et de réduire le chômage en créant de nouveaux emplois qualifiés.

Un parallèle inspirant pour la RDC : valoriser le potentiel de sa diaspora

Le diplomate a ensuite établi un parallèle direct avec la République Démocratique du Congo, dont la diaspora compte de nombreux talents à travers le monde ingénieurs, médecins, chercheurs, entrepreneurs qui pourraient jouer un rôle clé dans la reconstruction économique et technologique du pays.

“On retrouve des Congolais brillants à la NASA, dans les universités, les hôpitaux et les entreprises internationales. Ils sont capables de relever le défi du développement congolais, à condition que le gouvernement crée les passerelles nécessaires,” a-t-il insisté.

Pour cela, il préconise la mise en place d’une politique nationale de mobilisation de la diaspora, avec :
• des espaces d’échanges et de collaboration entre les Congolais du pays et ceux de l’extérieur ;
• des voyages de rencontre sectoriels organisés par le gouvernement ;
• et des incitations fiscales et administratives pour faciliter l’investissement et le retour des compétences.
La jeunesse congolaise, pilier de la reconstruction

L’ambassadeur a terminé son propos en évoquant la jeunesse congolaise, qui représente plus de 65 % de la population, un potentiel immense pour la relance économique et la créativité.
Selon lui, associer cette jeunesse aux Congolais de la diaspora pourrait créer une dynamique historique de croissance et d’innovation.

“La jeunesse est l’énergie du pays. La diaspora est son intelligence. Ensemble, elles peuvent bâtir une RDC forte, connectée et prospère.”

Expobéton RDC 2025 : un pont entre les nations bâtisseuses

Son intervention a trouvé un écho particulier dans le thème de cette 10ᵉ édition d’Expobéton RDC, centrée sur la reconstruction post-conflit et la mobilisation des forces nationales.
L’expérience éthiopienne rappelle qu’un pays ne se reconstruit pas seulement avec des infrastructures, mais aussi avec des hommes, des idées et une vision commune.

L’exemple de l’Éthiopie illustre parfaitement comment une planification rigoureuse et une gestion optimisée des ressources peuvent transformer un pays.

Alors qu’en République Démocratique du Congo, le coût moyen de construction d’un mégawatt (MW) varie entre 2,5 et 4 millions de dollars, l’Éthiopie a réussi à réaliser ses projets énergétiques à seulement 1 million de dollars par MW une performance remarquable qui témoigne d’une maîtrise technique et financière exemplaire.

Rappelons que l’Éthiopie vient d’inaugurer le barrage de la Renaissance, désormais le plus grand barrage d’Afrique.

Cette infrastructure colossale constitue un levier majeur pour l’industrialisation du pays, capable de stimuler la production nationale, d’attirer les investissements et d’avoir un impact positif sur l’ensemble des secteurs économiques.

Avec ce projet, l’Éthiopie se positionne résolument sur la voie du développement durable et de la souveraineté énergétique, servant d’exemple inspirant pour les nations africaines en quête de transformation structurelle.

Rédaction

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