Lubumbashi, 11 septembre 2025 – Le Vice-Premier ministre, ministre du Plan, Guylain Nyembo, a exhorté les organismes en charge de la gestion de la dotation de 0,3 % du chiffre d’affaires des entreprises minières à plus de transparence et de rigueur.
Il s’est exprimé lors d’un atelier de haut niveau organisé par la Chambre des Mines, l’ITIE et le Cadre de dialogue pour les investissements durables (DAK), tenu du 10 au 12 septembre à Lubumbashi.

Une gestion encore trop opaque
Créée par le Code minier révisé de 2018, la dotation de 0,3 % vise à financer des projets communautaires dans les zones minières. Mais selon un récent rapport de la Cour des comptes (juin 2025), le dispositif est gangrené par des détournements massifs, des irrégularités comptables et une mauvaise gouvernance.
Sur les 46 DOTS audités, 17 n’ont pas de Cellule de gestion des projets, 12 ne disposent pas d’Unité d’exécution, et plusieurs structures – comme Divine Land ou Rubamin – ne respectent pas les normes comptables de l’OHADA.
Des millions « évaporés »
Le rapport révèle que sur 430 projets évalués entre 2022 et 2024, seuls 250 ont été exécutés à 100 %, malgré des budgets conséquents.
À cela s’ajoutent des fraudes de certaines entreprises minières accusées de minorer leurs chiffres d’affaires afin de réduire leurs dotations légales.
L’appel du ministre du Plan
Face à ce tableau inquiétant, Guylain Nyembo a insisté :
• sur la transparence et la reddition des comptes pour chaque dollar investi ;
• sur la coordination efficace des différents DOTS afin d’éviter les dispersions ;
• sur un suivi rigoureux de l’exécution des projets prévus dans les cahiers des charges ;
• et sur la nécessité de renforcer les capacités des gestionnaires.
« On a un basket commun avec un budget conséquent pour des projets ambitieux. Tout doit être visible, mieux organisé et réellement utile aux communautés », a-t-il martelé.

Vers un nouvel élan ?
Le ministre a également affirmé son engagement à accompagner les organismes dans la mise en place de mécanismes plus efficaces. Pour lui, la dotation de 0,3 % ne doit plus être une caisse noire mais un véritable levier de développement local.
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