L’Urbanisme et la réglementation foncière en République Démocratique du Congo (RDC), des sujets cruciaux souvent négligés dans les discussions sur la justice.
Malgré l’organisation récente des États Généraux de la Justice, convoqués par le ministre d’État, Ministre de la justice et garde des sceaux, Constant Mutamba, ce sujet n’a pas rencontré l’intérêt des organisateurs alors que le secteur de l’urbanisme et des affaires foncières ont une dimension juridique assez importante.

Dans une réflexion à haute voix, Joël KYANA BASILA, Président National de la Corporation des Urbanistes Congolais, a souligné que la réglementation l’urbanisme et la réglementation foncière ont des défis sociétaux majeurs. Le secteur de l’urbanisme ainsi que la réglementation foncière touchent les questions liées à l’accès au logement, au développement URBAIN, à la lutte contre la corruption et à la protection du Patrimoine Immobilier de l’État.
En effet, l’urbanisation anarchique de Kinshasa, la spoliation des espaces publics du domaine public et privé de l’État sont des illustrations frappantes.
Seul un quart de la ville suit un plan d’aménagement, laissant des millions de Kinois exposés à des constructions illégales et à des catastrophes naturelles.
Les inondations récentes à Kinshasa ont mis en lumière les conséquences dramatiques d’une planification urbaine déficiente.
Des quartiers entiers ont été dévastés, et les autorités peinent à gérer cette crise. La situation est exacerbée par le manque d’infrastructures adaptées et l’occupation des zones inondables.

Les États Généraux de la Justice représentent une occasion unique de réfléchir aux moyens d’améliorer ces conditions. Les discussions devraient inclure des propositions concrètes pour renforcer l’efficacité de la justice dans le domaine foncier et urbanistique.
Cela pourrait passer par une meilleure coordination entre les différents acteurs impliqués dans l’urbanisme.
Kyana appelle à une approche intégrée qui associe urbanistes, juristes et décideurs politiques. Il propose également d’établir des mécanismes permettant de générer des recettes pour financer des projets d’infrastructure et de développement durable.
Par exemple, l’instauration de péages sur certaines voies pourrait contribuer à désengorger le trafic tout en générant des fonds pour l’entretien urbain.
La préservation de l’environnement doit également être au cœur des préoccupations.

La réglementation foncière doit inclure des mesures visant à protéger les espaces verts et à encourager une agriculture urbaine durable. Cela contribuerait non seulement à améliorer la qualité de vie des habitants, mais aussi à renforcer la résilience face aux catastrophes naturelles.
Il est impératif que la réglementation foncière en RDC soit repensée et intégrée dans un cadre juridique plus large. Les États Généraux de la Justice étaient une opportunité précieuse pour avancer vers un développement urbain plus juste et durable, garantissant ainsi un meilleur avenir pour les populations congolaises.


