Kinshasa, octobre 2025 À l’occasion de la 10ᵉ édition d’Expo Béton, la Directrice Générale de l’Office National du Café (ONAPAC) a livré un message empreint d’histoire, de lucidité et d’engagement : la RDC doit renouer avec sa vocation agricole et redonner au café sa place dans l’économie nationale.

Le temps où le café rivalisait avec la Gécamines
Dans un rappel historique marquant, la DG de l’ONAPAC a évoqué l’époque glorieuse de l’OZACAF, ancêtre de l’Office actuel, symbole d’un Congo agricole prospère et exportateur.
« L’Ozacaf, à l’époque, égalait la Gécamines. Elle contribuait au budget national et assurait même le paiement du solde des militaires », a-t-elle déclaré.
Ce témoignage souligne l’importance stratégique qu’occupait autrefois le secteur caféier dans la stabilité économique et sociale du pays.
Une chute brutale dans les années 1980
Mais ce succès n’a pas résisté au temps. À la fin des années 1980, le café congolais a connu une chute libre, conséquence de la libéralisation des marchés et des réformes internationales.
« L’organisation internationale du café avait alors décidé que chaque pays devait consommer sa propre production », a rappelé la DG.
Cette décision, couplée à des années d’instabilité, d’abandon des plantations et d’effondrement des filières d’encadrement, a plongé la caféiculture congolaise dans un long déclin.
Un potentiel inexploité : 100 000 hectares abandonnés
Autrefois, les espaces du Grand Équateur et de la Grande Orientale produisaient près de 120 millions de tonnes de café, faisant de la RDC l’un des plus grands producteurs africains.
Aujourd’hui, la situation est bien différente :
« Ces deux régions disposent encore de plus de 100 000 hectares de plantations abandonnées », a déploré la Directrice Générale.
Ce chiffre illustre l’ampleur du potentiel perdu, mais aussi l’opportunité immense d’un retour stratégique à la terre.
Un appel à la renaissance agricole

Dans un ton résolument tourné vers l’action, la DG de l’ONAPAC a lancé un appel à la mobilisation nationale :
« Nous devons retourner à la terre. C’est là que se trouve la véritable richesse du pays. »
Elle a souligné que le café, le cacao, la vanille et le quinquina peuvent redevenir des leviers majeurs d’exportation, à condition que l’État, le secteur privé et les producteurs unissent leurs efforts autour d’une même vision : revitaliser les filières d’exportation, créer de la valeur ajoutée localement et renforcer la souveraineté économique de la RDC.
L’ONAPAC en première ligne
Sous sa direction, l’ONAPAC entend redynamiser la filière café à travers :
• la réhabilitation des plantations abandonnées ;
• la distribution de nouvelles semences à haut rendement ;
• la formation des producteurs à des pratiques durables ;
• et la reconnexion de la RDC aux marchés internationaux du café de qualité.
Un retour aux sources pour nourrir l’avenir
Le message de la DG de l’ONAPAC à Expo Béton 2025 résonne comme une évidence :
la relance économique du Congo passera par la terre, par ses agriculteurs et par la valorisation de ses produits d’exportation.
En redonnant vie à ses 100 000 hectares oubliés, la RDC ne se contente pas de cultiver du café elle récolte son avenir.
Rédaction


