PORT EN EAU PROFONDE DE BANANA : OÙ EN SOMMES-NOUS RÉELLEMENT ?

La récente visite du ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, sur le chantier du port en eau profonde de Banana remet sous les projecteurs l’un des projets les plus stratégiques de la République démocratique du Congo.

Et elle fait ressurgir une question toute simple, celle que se pose aujourd’hui le commun des mortels : où en sommes-nous réellement ?

Le projet ne date pas d’hier. L’accord avec DP World a connu plusieurs étapes, négociations et réajustements. Dès 2022, le gouvernement évoquait encore des questions d’expropriation des populations présentes sur le site, de relocalisation d’éléments de la Force navale et d’infrastructures routières nécessaires pour accompagner le futur port.

Depuis, le chantier a connu des périodes d’activité, des ralentissements et des relances. En avril 2025, la Première ministre Judith Suminwa s’était d’ailleurs rendue à Dubaï pour rencontrer directement les dirigeants de DP World avec un objectif clairement annoncé : débloquer et accélérer le projet. DP World s’était alors engagé sur l’arrivée des premiers navires en 2026.

Quelques mois plus tard, le gouvernement annonçait une accélération des travaux et situait la mise en service entre décembre 2026 et février 2027, sous réserve des conditions techniques et climatiques.

Mais sur le terrain, l’impression peut être différente.

Lorsqu’on observe les images du chantier, une interrogation revient naturellement : pourquoi, après toutes ces années, les infrastructures visibles semblent-elles encore si peu avancées ? Où en sont précisément les quais, les terre-pleins, les revêtements, les équipements portuaires et les infrastructures connexes ?

Il faut évidemment reconnaître la complexité d’un port en eau profonde. Avant l’asphalte ou le béton visible viennent le dragage, les remblais, la stabilisation des sols, les ouvrages maritimes, les réseaux et toute une série de travaux lourds que le grand public ne perçoit pas forcément.

Mais cette complexité ne doit pas empêcher la transparence.

La visite du ministre John Banza Lunda constitue donc une bonne occasion de donner au public un état des lieux chiffré et vérifiable : quel est aujourd’hui le pourcentage réel d’exécution ? Quels travaux sont terminés ? Quels sont ceux qui restent à réaliser ? Quelles difficultés techniques, administratives ou financières ont retardé le calendrier ? Et surtout, la mise en service annoncée entre fin 2026 et début 2027 est-elle toujours réaliste ?

Le port de Banana est trop important pour l’économie congolaise pour que son évolution soit appréciée uniquement à travers des annonces successives. Il doit devenir le premier véritable port en eau profonde du pays, capable de connecter directement la RDC aux grandes routes maritimes internationales.

Banana avance certainement. Mais à quel rythme, avec quel niveau réel d’exécution et pour quelle date de livraison ?C’est aujourd’hui la réponse précise à ces trois questions que les Congolais attendent.

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