À l’approche de la 12ᵉ édition d’Expo Béton, la rencontre entre le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, et l’équipe conduite par Jean Bamanisa met en lumière un enjeu devenu incontournable : penser le développement urbain à l’ère du numérique.
Construire les villes de demain ne consiste plus seulement à multiplier les routes, les bâtiments, les ponts ou les réseaux d’assainissement. Il faut également penser aux infrastructures numériques qui permettent aujourd’hui aux citoyens, aux entreprises et aux administrations de communiquer, de travailler et d’accéder aux services.

C’est tout l’intérêt des échanges entre le ministère de l’Économie numérique et Expo Béton. La transformation digitale apparaît désormais comme un véritable levier de modernisation des espaces urbains, notamment en matière de mobilité, de services publics, d’accès à l’information et d’attractivité économique.
La formule « Je suis numérique, je ne suis pas embouteillé », présentée lors de la rencontre, résume une idée simple : certains déplacements physiques peuvent être évités lorsque les services et les démarches sont accessibles à distance. Le numérique ne supprimera évidemment pas les embouteillages, mais il peut contribuer à réduire certains flux inutiles et à fluidifier la circulation de l’information.
Autre enjeu majeur : l’intégration des infrastructures numériques dans la planification urbaine. Câbles, poteaux, antennes et équipements de télécommunication doivent être installés en tenant compte des normes d’urbanisme, de sécurité, d’esthétique et d’aménagement du territoire.

Cette approche impose une meilleure coordination entre les différents acteurs de la ville. La fibre optique, les réseaux mobiles, les centres de données et les services numériques doivent être pensés dès la conception des nouveaux quartiers et des grands projets d’infrastructures, plutôt que d’être ajoutés après coup.
Mais une ville intelligente ne se résume pas à la technologie. Elle doit également être inclusive. L’accès à la connexion, le coût des services, la formation numérique et la protection des données constituent des conditions essentielles pour que la transformation digitale bénéficie réellement à l’ensemble de la population.
Pour la République démocratique du Congo, où les villes connaissent une croissance rapide, cette réflexion revêt une importance particulière. Les corridors économiques, les zones économiques spéciales et les grands projets urbains devront intégrer cette nouvelle dimension s’ils veulent répondre aux exigences d’une économie de plus en plus connectée.
La rencontre entre Augustin Kibassa Maliba et Expo Béton ouvre ainsi une réflexion stratégique : la ville de demain ne sera pas seulement construite avec du béton et de l’acier, mais aussi avec des réseaux, des données et des services numériques.
L’enjeu pour la RDC est désormais de faire du numérique non pas une infrastructure ajoutée à la ville, mais une composante à part entière de sa conception et de son développement.

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