Kinshasa, 4 novembre 2025 À l’occasion de la 7ᵉ Conférence annuelle de Glencore, tenue à Kinshasa, la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a réaffirmé la détermination du Gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) à faire du secteur minier un levier stratégique de développement économique et social au bénéfice de la population congolaise.

« Il y a une volonté politique claire, portée par le Chef de l’État, de placer le climat des affaires au centre de l’action gouvernementale », a déclaré la Cheffe du Gouvernement, devant un parterre d’investisseurs, de partenaires techniques et financiers, ainsi que des ministres des Mines et du Portefeuille.
Un pilier de l’économie congolaise
Le secteur minier représente aujourd’hui plus de 45 % du PIB national, 95 % des exportations et près de 30 % des recettes publiques de la RDC.
En 2024, le pays a produit environ 3,1 millions de tonnes de cuivre et 125.000 tonnes de cobalt, confirmant sa position de premier producteur mondial de cobalt et de deuxième producteur mondial de cuivre, derrière le Chili.
Les recettes minières se sont élevées à 10,8 milliards de dollars US, en hausse de 17 % par rapport à 2023, grâce à la performance exceptionnelle des mines de Kamoa-Kakula, Tenke Fungurume (CMOC) et Mutanda Mining (Glencore).
Réformes pour un climat d’affaires attractif
Judith Suminwa a insisté sur la nécessité d’un environnement d’investissement transparent, sécurisé et prévisible.
Le Gouvernement a engagé une série de réformes autour de trois axes majeurs :
1. Transparence et traçabilité : digitalisation des procédures administratives et minières via la plateforme e-Mines pour réduire la corruption et les lenteurs bureaucratiques.
2. Sécurité juridique et judiciaire : renforcement du cadre légal afin d’assurer la stabilité des contrats et la protection des investisseurs.
3. Amélioration du climat des affaires : simplification des démarches, modernisation du cadastre minier et facilitation du dialogue public-privé.
Ces réformes s’inscrivent dans la vision du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui veut faire du climat des affaires un pilier de la croissance économique et de la bonne gouvernance.
Valoriser les ressources sur place
La Première Ministre a rappelé que la priorité du Gouvernement est désormais de transformer localement les minerais stratégiques pour créer de la valeur ajoutée et générer des emplois.

« Il ne s’agit plus seulement d’extraire, mais de transformer sur place. Le futur de notre économie dépend de notre capacité à industrialiser nos ressources », a-t-elle souligné.
Actuellement, seuls 12 % du cobalt produit en RDC est transformé localement. L’objectif du Gouvernement est d’atteindre 40 % d’ici 2030, notamment à travers la Zone Économique Spéciale de Kolwezi, dédiée à la fabrication de précurseurs pour batteries électriques.
Renforcer la participation des Congolais
Le Gouvernement veut également accroître la part des entreprises et entrepreneurs congolais dans les chaînes de valeur minières.
Des dispositifs tels que l’ARSP (Autorité de Régulation de la Sous-Traitance dans le Secteur Privé), le FOGEC (Fonds de Garantie pour l’Entrepreneuriat Congolais) et l’ARCA (Autorité de Régulation et de Contrôle des Assurances) ont été mis en place pour favoriser l’accès des PME congolaises aux marchés miniers.
Selon le ministère des Finances, la sous-traitance locale a déjà généré plus de 1,2 milliard de dollars en 2024 et créé environ 15.000 emplois directs.
Un partenariat équilibré avec les multinationales
La Première Ministre a salué la contribution des opérateurs tels que Glencore, Zijin Mining, CMOC et Ivanhoe Mines, tout en appelant à un partenariat plus équitable et socialement responsable.
Le Gouvernement souhaite que les entreprises minières réinvestissent davantage dans les communautés locales, à travers des programmes d’infrastructures, d’éducation et de santé.
Perspectives : croissance soutenue et diversification
Selon la Banque centrale du Congo, la croissance du PIB devrait atteindre 8,2 % en 2025, tirée principalement par les exportations minières et la montée en puissance des nouvelles unités de production.
Le secteur minier, en plein essor, pourrait générer plus de 15 milliards USD de recettes d’ici 2027, à condition que les réformes structurelles se poursuivent.
« La RDC dispose des ressources du futur. À nous d’en faire un moteur de prospérité durable et partagée », a conclu Judith Suminwa Tuluka.
Rédaction


