RDC: Le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Molendo Sakombi a dévoilé un plan d’urgence visant à améliorer l’approvisionnement en eau potable à Kinshasa

Dans une ville où l’accès à l’eau potable demeure un combat quotidien pour des millions d’habitants, l’annonce d’un plan d’urgence par le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Molendo Sakombi lors du conseil des ministres de ce vendredi 10 Avril 2026 marque un tournant attendu. À Kinshasa, mégapole en pleine expansion, la question de l’eau n’est plus seulement une problématique technique : elle est devenue un enjeu de dignité, de santé publique et de stabilité sociale.

Le diagnostic posé est sans complaisance. Réseau vieillissant, pertes massives d’eau, infrastructures fragilisées par les érosions, manque d’équipements : les failles sont connues, parfois depuis des décennies. Mais ce qui distingue aujourd’hui cette initiative, c’est la volonté affichée de passer d’un constat chronique à une action structurée.

Une réforme qui regarde la réalité en face

L’un des points les plus sensibles et sans doute les plus déterminants réside dans la réforme tarifaire en cours d’examen. Longtemps évitée ou repoussée, cette question est pourtant centrale. Permettre à REGIDESO SA de renforcer ses capacités opérationnelles passe inévitablement par une viabilité financière.
Mais l’approche annoncée se veut équilibrée : intégrer les catégories sociales vulnérables dans ce nouveau cadre tarifaire est un signal fort. Il ne s’agit pas seulement de réformer, mais de le faire avec justice. Dans une ville où les inégalités d’accès à l’eau sont criantes, cette dimension sociale pourrait faire toute la différence.

Restaurer une culture de responsabilité

L’intervention du Vice-Premier ministre de l’Économie nationale vient compléter ce tableau avec un message clair : l’eau a un coût, et sa gestion exige une discipline collective. Insister sur le paiement des factures, y compris au sein des institutions publiques comme les universités, revient à poser une vérité souvent éludée.Car au-delà des infrastructures, c’est aussi une culture de gestion qu’il faut reconstruire. Une entreprise publique ne peut fonctionner durablement si ses principaux usagers parfois l’État lui-même ne respectent pas leurs engagements.

Une opportunité pour moderniser en profondeur

L’appel de Expobeton RDC à une meilleure coordination des travaux met en lumière un problème concret mais crucial : celui des chantiers urbains désynchronisés. À Kinshasa, il n’est pas rare que des travaux de voirie endommagent des conduites d’eau récemment installées, illustrant une absence de planification intégrée.
Ce plan d’urgence peut justement devenir le point de départ d’un changement de méthode. Intégrer des standards modernes, respecter les normes internationales, coordonner les interventions entre acteurs : autant de leviers pour sortir d’une logique de réparation permanente et entrer dans une dynamique de construction durable.

Une dynamique à consolider

L’optimisme suscité par cette initiative tient moins à son annonce qu’à son potentiel de transformation. Si les engagements sont tenus, ce plan pourrait amorcer une refondation du service public de l’eau à Kinshasa.
L’enjeu dépasse largement la technique. Il s’agit de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions, de prouver que des services essentiels peuvent fonctionner efficacement, et de démontrer que la modernisation des infrastructures en République démocratique du Congo est non seulement possible, mais en marche.
Dans une capitale souvent confrontée à des défis multiples, ce plan d’urgence apparaît comme une rare convergence entre volonté politique, diagnostic lucide et perspective d’action. Reste désormais à transformer l’essai. Car à Kinshasa, plus que jamais, l’eau qui coule pourrait bien devenir le symbole d’un État qui avance.

Rédaction

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