RDC – Mbanza-Ngungu : un parc agro-industriel pour transformer l’agriculture et l’économie locale

La République démocratique du Congo (RDC) s’apprête à franchir une étape majeure dans sa quête de sécurité alimentaire, d’industrialisation agricole et de création d’emplois. Fruit d’un partenariat public-privé (PPP) entre l’État congolais et la société suisse Mole Groupe, le Parc agro-industriel de Mbanza-Ngungu s’annonce comme l’un des projets les plus structurants de l’histoire agricole récente du pays.Un projet colossal : chiffres, ambitions et portée

Le parc est conçu comme un vaste complexe agricole et industriel couvrant plus de 104 000 hectares dans la province du Kongo Central un territoire choisi pour son climat favorable, ses terres fertiles et sa connectivité logistique.

L’ambition affichée est sans précédent :
• 700 000 tonnes de produits finis chaque année, transformés localement à partir de cultures locales telles que le manioc, le maïs, le riz, le blé et la canne à sucre.
• Une création d’emplois massive, estimée à plus de 20 000 postes directs et indirects dans les zones rurales et urbaines avoisinantes.
• Un investissement total approchant le milliard de dollars américains, entièrement porté par le secteur privé, sans engagement financier direct de l’État.

L’objectif affiché est double : répondre à l’un des plus grands défis socio-économiques du pays la sécurité alimentaire et structurer une chaîne de valeur agricole qui allie production, transformation et commercialisation.

Un contrat historique signé en 2025

Le 30 septembre 2025, le gouvernement de la RDC a officiellement signé le contrat de PPP avec Mole Groupe, scellant ainsi l’engagement réciproque des deux parties pour la matérialisation du parc. Ce partenariat repose sur la mise en valeur de terres arables, la construction d’installations agro-industrielles modernes et la transformation locale de matières premières agricoles.

Selon les autorités, la réalisation des travaux est programmée pour débuter à l’été 2026 avec une phase de construction estimée à quatre ans, incluant études techniques, infrastructures, équipements et aménagements.

Un projet stratégique pour l’autosuffisance alimentaire

La RDC, malgré son immense potentiel agricole estimé à 80 millions d’hectares de terres arables demeure fortement dépendante des importations alimentaires, avec une facture annuelle qui s’est élevée à près de 1,8 milliard de dollars américains entre 2019 et 2023.

Dans ce contexte, le parc de Mbanza-Ngungu répond à une nécessité stratégique : produire localement des denrées transformées, réduire le déficit alimentaire et limiter l’exposition aux fluctuations des marchés internationaux.

Au-delà de la production brute, l’initiative entend embarquer les petits producteurs locaux dans une chaîne industrielle compétitive, grâce à des infrastructures de transformation, du stockage, des silos, des unités de conditionnement, et éventuellement des services de soutien technique et de formation.

Un modèle de partenariat public-privé (PPP)

Ce projet se distingue par sa structuration même : le financement, le risque et la mise en œuvre sont assumés par un consortium privé, tandis que l’État congolais assure le cadre réglementaire, la supervision et l’intégration du projet dans ses politiques agricoles nationales.

L’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) figure parmi les partenaires techniques impliqués, garantissant un accompagnement en matière de qualité, de normes et de durabilité environnementale.

Ce modèle est considéré par plusieurs experts comme une réponse innovante face aux traditionnels projets publics de grande ampleur, souvent grevés par des contraintes budgétaires et des retards d’exécution.

Défis et enjeux à relever

Malgré les objectifs ambitieux, plusieurs défis subsistent :
• Mobilisation complète des financements et clarification des montages financiers, notamment en termes d’équipements importés et de contributions multilatérales. 
• Capacité de connexion au marché pour écouler ces 700 000 tonnes de produits transformés, tant sur le plan national qu’international.
• Intégration des petits producteurs dans un système industriel performant, sans écrasement des structures villageoises existantes.

Ces défis soulignent que la réussite du parc de Mbanza-Ngungu dépendra autant de la viabilité économique du projet que de sa capacité à s’inscrire dans une stratégie cohérente de développement rural. 

Un tournant pour l’agriculture congolaise ?

Si la mise en œuvre du projet suit les ambitions affichées, le parc agro-industriel pourrait devenir un catalyseur majeur de transformation agricole en RDC, réduisant la pauvreté rurale, créant de nouvelles chaînes de valeur et valorisant des terres jusque-là sous-exploitées.

Pour les autorités et les partenaires, ce projet incarne la promesse d’une révolution agro-industrielle, capable de repositionner la RDC comme un acteur significatif de la production alimentaire locale, tout en stimulant l’emploi, l’innovation et la sécurité alimentaire à long terme.

Rédaction

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