RDC–USA : l’accord sur les minerais critiques commence à produire ses premiers effets

stratégique entre Kinshasa et Washington, le dossier minier entre dans une nouvelle phase : celle de la concrétisation. À New York, le ministre des Mines Louis Watum Kabamba a dressé un bilan positif de la mise en œuvre de l’accord RDC–USA, évoquant notamment l’avancement de Chemaf, l’arrivée de KoBold Metals dans l’exploration et l’intérêt croissant des investisseurs américains.

Signé le 4 décembre 2025, l’accord vise à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, tout en favorisant les investissements, la transformation locale et le développement des infrastructures. Il prévoit notamment une réserve d’actifs stratégiques et un cadre destiné à faciliter l’investissement américain dans les secteurs minier et industriel congolais.

Depuis sa signature, le dispositif institutionnel s’est progressivement installé. Un comité de pilotage conjoint a été mis en place et une Task Force congolaise assure désormais le suivi des engagements. Surtout, près de 50 projets stratégiques ont été soumis à la partie américaine, selon la Primature.  

L’enjeu est considérable pour un pays qui dispose d’une position centrale dans l’approvisionnement mondial en cuivre et en cobalt. Mais l’ambition congolaise est désormais de dépasser l’exportation des minerais bruts pour développer davantage de raffinage, de transformation et de chaînes de valeur industrielles.

Le partenariat commence également à ouvrir des portes au financement. En juin 2026, un consortium réunissant Mida Advisors, Standard Bank et Bank of America a présenté au gouvernement congolais des mécanismes destinés à mobiliser des financements de long terme pour l’énergie, les transports, les infrastructures ferroviaires et portuaires ainsi que la transformation industrielle des minerais.

Autre volet stratégique : la connaissance du sous-sol. Des acteurs américains travaillent sur des solutions d’imagerie, de télédétection et de données géologiques afin d’améliorer l’identification des ressources et leur attractivité pour les investisseurs. 

L’impact attendu dépasse donc le secteur minier. Plus d’investissements miniers signifie potentiellement davantage de recettes publiques, d’emplois, de sous-traitance locale et de demande en infrastructures. Mais surtout, la transformation locale peut permettre à la RDC de retenir une part plus importante de la valeur créée par ses ressources.

C’est là que se trouve le véritable enjeu du partenariat.

Washington recherche un approvisionnement sécurisé en minerais critiques ; Kinshasa cherche, de son côté, à transformer cet intérêt stratégique en capital, infrastructures, technologie et industrialisation.

Le succès de l’accord se mesurera donc moins au nombre de réunions organisées qu’à des indicateurs concrets : milliards de dollars effectivement investis, projets mis en production, emplois créés, entreprises congolaises intégrées aux chaînes de valeur et part des minerais transformés localement.

Pour l’heure, la dynamique est engagée : mécanismes de suivi opérationnels, portefeuille d’une cinquantaine de projets et ouverture de nouveaux canaux de financement

Le défi est désormais de convertir l’intérêt américain pour les minerais critiques en une véritable accélération de l’économie congolaise. Si Kinshasa parvient à négocier cette transformation, le partenariat RDC–USA pourrait devenir un levier important pour passer d’une économie fondée principalement sur l’extraction à une économie davantage fondée sur la valeur ajoutée et l’industrie.

Rédaction

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