L’ouverture, ce mardi 16 décembre 2025, de l’atelier de validation des structures organiques de l’administration foncière par Son Excellence Madame Oneige Nsele marque un tournant important dans la gouvernance foncière en République démocratique du Congo. Au-delà d’un simple exercice administratif, cette initiative traduit une volonté politique claire : rompre avec un modèle hérité de 1982, devenu inadapté aux réalités contemporaines et aux enjeux croissants liés à la terre.

Depuis plusieurs décennies, la question foncière demeure l’une des principales sources de conflits sociaux, d’insécurité juridique et de tensions communautaires en RDC. L’obsolescence du cadre organisationnel de l’administration foncière, conjuguée à des pratiques opaques et à une faible capacité institutionnelle, a fragilisé la sécurisation des droits fonciers et nourri la défiance des citoyens envers l’État.
Dans ce contexte, la validation de nouvelles structures organiques apparaît comme une réforme structurante. Elle vise à doter le pays d’une administration foncière moderne, plus lisible, plus transparente et alignée sur les exigences de la réforme de la loi foncière en cours. Il s’agit d’un pas essentiel vers une gouvernance foncière capable de répondre aux attentes des citoyens, des investisseurs et des communautés locales.
Cependant, la réussite de cette réforme ne saurait se limiter à une réorganisation institutionnelle. Elle suppose un changement profond de culture administrative. La transparence doit devenir une norme, la redevabilité une obligation, et la digitalisation un levier central pour réduire les pratiques frauduleuses et améliorer la traçabilité des actes fonciers. Sans ces garde-fous, toute réforme structurelle risque de rester formelle.
Par ailleurs, la modernisation de l’administration foncière doit impérativement placer la sécurisation des droits au cœur de l’action publique. La terre n’est pas seulement un facteur économique ; elle est aussi un enjeu identitaire, social et politique. Une administration foncière efficace contribue directement à la prévention des conflits, à la consolidation de la paix sociale et au renforcement de la cohésion nationale.
L’atelier ouvert par la Ministre Oneige Nsele constitue donc une opportunité stratégique. Il offre un espace de dialogue entre experts, décideurs et praticiens pour bâtir une administration foncière à la hauteur des défis du pays. Encore faut-il que les recommandations issues de ces travaux soient mises en œuvre avec rigueur, suivies d’indicateurs clairs et accompagnées de mécanismes de contrôle indépendants.

Réformer l’administration foncière, c’est refonder le lien entre l’État et le citoyen autour d’un droit fondamental : le droit à la terre. C’est aussi poser les bases d’un développement durable, inclusif et pacifié. À ce titre, l’initiative lancée le 16 décembre 2025 mérite d’être soutenue, suivie et évaluée, car de sa réussite dépend une part essentielle de la stabilité et de l’avenir de la RDC.
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