République Démocratique du Congo : L’urgence de la normalisation pour un développement durable

Lors du déjeuner d’affaires organisé le 24 janvier 2025 par le Club BTP et la Chambre des Métiers d’Artisans (CMA)à Kinshasa, une question fondamentale a été soulevée par l’ingénieur Benjamin Wenga Basubi : pourquoi la République Démocratique du Congo, regorgeant de milliers de compétences qualifiées, peine-t-elle à instaurer des normes et à faire respecter les règles dans des domaines essentiels, notamment celui de la construction ?

Cette problématique, loin d’être nouvelle, constitue l’un des principaux freins au développement durable de ce pays. Pourtant, la RDC, avec ses richesses humaines et intellectuelles, aurait tous les atouts pour se hisser parmi les nations modèles. Le constat dressé par l’ingénieur Wenga met en lumière une triste réalité : un environnement social et professionnel marqué par la désorganisation, l’absence de rigueur et un mépris général pour les normes établies.

Un pays riche en compétences, mais pauvre en application des normes

L’ingénieur a rappelé que dans un monde idéal, chaque métier devrait être exercé par des professionnels qualifiés et certifiés. Tout comme le médecin soigne, l’ingénieur bâtit et le juriste défend la loi, chaque secteur d’activité doit être investi par des experts compétents, capables de respecter les standards de leur domaine. Cependant, en RDC, il semble que cette logique simple soit ignorée.

Le résultat ? Un chaos généralisé, visible à tous les niveaux de la société. Des routes mal construites, des bâtiments qui s’effondrent faute de respect des normes techniques, des infrastructures publiques mal entretenues, et une dégradation constante de l’environnement de vie. Ces dysfonctionnements ne reflètent pas un manque de connaissances ou de ressources humaines, mais bien une crise d’éthique et de responsabilité collective.

La normalisation, clé du progrès

La normalisation dans le secteur de la construction, et plus largement dans tous les secteurs économiques, est une condition sine qua non pour améliorer la qualité de vie des Congolais. Cela ne signifie pas seulement suivre des normes internationales, mais aussi instaurer des règles adaptées au contexte local, tout en veillant à leur stricte application.

Cependant, comme l’a souligné l’ingénieur Wenga, l’échec de la normalisation en RDC n’est pas seulement technique. Il est aussi moral et culturel. L’absence de rigueur et de discipline, couplée à une mentalité où l’on valorise les “antivaleurs”, conduit à une société où chacun fait ce qu’il veut, au détriment du bien commun.

Quand l’élite démissionne, le chaos s’installe

Le point le plus critique du discours de l’ingénieur Wenga réside dans cette observation amère : la RDC, malgré une élite intellectuelle abondante, continue de sombrer dans un environnement désorganisé. Comment expliquer qu’un pays ayant formé des dizaines de milliers d’ingénieurs, d’économistes, de médecins et de juristes en arrive à un tel niveau de désordre ?

Le problème, selon lui, réside dans le manque de leadership moral et d’exemplarité au sein de cette élite. Plutôt que de servir de modèles et de moteurs de changement, beaucoup se conforment à un système chaotique, alimentant ainsi un cercle vicieux où les règles sont systématiquement ignorées.

Agir maintenant : une responsabilité collective

La tribune de l’ingénieur Wenga appelle à une prise de conscience urgente. La normalisation ne doit pas être perçue comme une contrainte, mais comme un levier indispensable pour construire un avenir meilleur. Cela implique un effort collectif : les ingénieurs doivent concevoir des infrastructures conformes aux standards, les décideurs publics doivent garantir leur application, et chaque citoyen doit respecter les règles de vie commune.

Il est temps de sortir de l’anarchie et de bâtir une société où le respect des normes est la norme. Comme l’a conclu l’ingénieur Wenga : “Nous devons, à partir de maintenant, à tout moment et partout, faire mieux. Respecter et observer les règles établies dans chaque domaine de compétence pour assainir notre environnement de vie.”

Vers une révolution des mentalités

La RDC a tout à gagner en adoptant une culture de la rigueur et de l’excellence. Cela exige une véritable révolution des mentalités, portée par l’éducation, le leadership, et un engagement ferme à ne plus tolérer les antivaleurs. C’est en œuvrant ensemble, chacun à son poste, que la nation pourra enfin réaliser son potentiel et offrir à ses citoyens un environnement propice au développement durable.

La normalisation n’est pas une option : c’est une obligation morale et stratégique pour un avenir prospère.

Rédaction

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1 COMMENTAIRE

  1. L’équation s’explique dans l’homme congolais. Avec du bon sens et une éthique respectée, nous pouvons parvenir à redresser la barre d’autant plus que le congo compte en son sein des ressources humaines et matérielles neccecaires pour mener à bien ce travail afin d’assurer la qualité, la viabilité ainsi que la durée de nos infrastructures etc.

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