Depuis sa prise de fonctions, le gouverneur Daniel Bumba Lubaki s’est inscrit dans une logique de rupture urbaine. La devise implicite de sa gouvernance pourrait bien être résumée par cette formule à la fois brutale et lucide : « Savoir démolir pour bien reconstruire. »
À Kinshasa, mégalopole bousculée par l’anarchie architecturale, l’absence de planification, et l’urbanisme de débrouille, cette phrase n’a rien d’une métaphore poétique. Elle est une nécessité opérationnelle. Démolir les constructions érigées sur les servitudes, les zones inondables, ou les terrains publics n’est plus une option, mais un passage obligé vers une ville plus fonctionnelle, plus respirable, et surtout plus équitable.

Mais encore faut-il que la démolition ne soit pas une fin en soi, ni une vengeance administrative contre les plus faibles. Le vrai défi du gouverneur est là : reconstruire avec méthode, équité et vision. Car bien démolir, c’est aussi proposer une alternative, une solution, un projet.
Les Kinois ne s’opposent pas à l’ordre. Ils s’opposent au désordre organisé, au deux poids deux mesures, à la justice à géométrie variable. Démolir, oui, mais dans le cadre d’un plan urbain cohérent, transparent et participatif. Reconstruire, oui, mais pour tous, et pas seulement pour quelques privilégiés.

En reprenant en main le destin spatial de Kinshasa, Daniel Bumba joue une carte politique et historique. La capitale étouffe. Ses routes cèdent. Ses quartiers s’étendent comme des taches d’huile sans assainissement ni accès. Il ne s’agit plus d’enjoliver. Il faut oser refonder.
Et si l’avenir de Kinshasa passait par cette posture courageuse et impopulaire ? Démolir, pour reconstruire un futur plus digne.
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