ZIC RDC-Angola : une avancée majeure, mais l’Est congolais ne doit pas rester à quai

L’opérationnalisation de la Zone maritime d’intérêt commun (ZIC) entre la République démocratique du Congo et l’Angola constitue une avancée importante dans la valorisation des ressources naturelles du pays. Présentée au Conseil des ministres du 14 août 2026 par la ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, cette nouvelle étape ouvre la voie à l’exploration du bloc pétrolier 14/23.

Le dossier est loin d’être anodin. Selon les estimations du ministère congolais des Finances, établies en octobre 2024, le projet pourrait générer jusqu’à 5,56 milliards USD de recettes fiscales cumulées pour la RDC et l’Angola, soit une projection d’environ 2,78 milliards USD pour la RDC. Il ne s’agit toutefois pas encore de recettes acquises : leur réalisation dépendra des résultats de l’exploration, des réserves découvertes, des coûts d’investissement, des volumes produits et du prix du pétrole.

La véritable force de cette opération réside donc dans sa capacité à transformer une ressource potentielle en revenus publics, emplois qualifiés, compétences nationales et sécurité énergétique.

Un modèle qui doit inspirer l’Est de la RDC

En saluant cette avancée, il convient cependant de poser une question essentielle : pourquoi cette dynamique de coopération énergétique ne pourrait-elle pas également être accélérée dans l’Est du pays, notamment autour du bassin du lac Albert ?

La RDC dispose, dans cette zone, d’un potentiel pétrolier et gazier qui mérite la même attention stratégique. La coopération avec l’Ouganda doit être envisagée non seulement sous l’angle de l’exploitation des hydrocarbures, mais aussi comme une opportunité de créer une véritable chaîne de valeur énergétique régionale.

L’expérience de la ZIC montre qu’une ressource située dans un espace d’intérêts communs peut être encadrée par des mécanismes juridiques, institutionnels et financiers permettant aux deux États d’en tirer profit.

De la ressource à la richesse nationale

L’enjeu pour la RDC est de ne pas reproduire les erreurs du passé : annoncer des milliards potentiels sans construire, en parallèle, les mécanismes permettant à la population d’en ressentir concrètement les bénéfices.

Les 2,78 milliards USD projetés pour la RDC doivent ainsi être considérés comme un objectif économique à encadrer par une gouvernance rigoureuse, une transparence des contrats et un suivi indépendant des revenus.

Dans l’Est, la même exigence doit prévaloir. L’exploitation éventuelle du pétrole et du gaz du bassin du lac Albert doit contribuer au développement des territoires concernés, à la création d’emplois pour les jeunes Congolais, au transfert de compétences et au financement des infrastructures.

Une vision énergétique pour l’ensemble du pays

La ZIC RDC-Angola rappelle finalement une évidence : les ressources naturelles ne deviennent une richesse nationale que lorsqu’elles sont correctement gouvernées et transformées en développement.

C’est pourquoi le Gouvernement congolais mérite d’être encouragé dans cette démarche, tout en étant invité à aller plus loin. L’Est de la RDC ne doit pas être le parent pauvre de la stratégie énergétique nationale.

L’honorable Sénateur salue donc cette avancée et exhorte le Gouvernement à poursuivre, avec la même détermination, les efforts diplomatiques, juridiques et techniques nécessaires à une exploitation concertée et bénéfique du pétrole et du gaz du bassin du lac Albert avec l’Ouganda.

De l’Atlantique au lac Albert, la RDC doit défendre une même ambition : transformer ses ressources en emplois, ses revenus en infrastructures et ses richesses naturelles en prospérité pour son peuple.

Rédaction

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