Et si la création de la Banque africaine de l’énergie constituait l’une des pièces manquantes de la stratégie énergétique de la République démocratique du Congo ?
À Kinshasa, les discussions entre la ministre d’État aux Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, et une délégation de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO) donnent un relief particulier à cette question. Au menu : le lancement de la Banque africaine de l’énergie (AEB), les perspectives de partenariat entre AEICORP et SONAHYDROC, mais surtout la nécessité pour la RDC de ratifier le traité fondateur et de contribuer au capital afin de figurer parmi les membres fondateurs.
Pour la RDC, l’enjeu est désormais de ratifier le traité fondateur et de contribuer au capital afin de figurer parmi les membres fondateurs. Au-delà du symbole, cette adhésion peut donner à Kinshasa une position dans un nouvel instrument africain destiné à financer les infrastructures et projets énergétiques du continent.
L’opportunité est d’autant plus importante que les besoins énergétiques de la RDC restent considérables. Le pays dispose de ressources pétrolières, gazières et hydroélectriques importantes, mais leur valorisation nécessite des investissements lourds : exploration, production, transport, stockage, transformation et infrastructures électriques.
La question est donc moins celle de la disponibilité des ressources que celle de la capacité à mobiliser le capital pour les transformer en projets économiques.
Pour SONAHYDROC, un partenariat avec AEICORP pourrait également contribuer à changer d’échelle, en favorisant la structuration et le financement de projets nationaux. Mais cette ambition devra s’accompagner d’une gouvernance rigoureuse, de projets bancables et d’une stratégie claire de valorisation des ressources.
Pour la RDC, entrer dans la Banque africaine de l’énergie ne devrait donc pas être considéré comme une simple formalité diplomatique. C’est potentiellement un choix économique et stratégique.
Car l’enjeu dépasse le seul pétrole et le gaz. Une énergie abondante et compétitive est indispensable à l’industrialisation du pays, qu’il s’agisse de transformer le cuivre et le cobalt, de développer le lithium, d’alimenter les industries ou d’améliorer l’accès à l’électricité.
Avec ses 5 milliards de dollars de capital initial, l’AEB peut devenir un nouvel outil de financement africain. À Kinshasa désormais de faire en sorte que la RDC ne soit pas seulement membre de cette institution, mais qu’elle sache y présenter des projets solides et mobiliser ses ressources.
Le véritable enjeu est simple : transformer les ressources énergétiques de la RDC en énergie, l’énergie en industrie et l’industrie en création de valeur pour le pays.

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