À l’occasion de la deuxième journée de la 12ᵉ édition d’ExpobetonRDC, ce jeudi 8 octobre 2026, la ministre des Affaires foncières, S.E. Mme O’Neige N’Sele, a présenté les avancées de la réforme foncière et de la numérisation du cadastre. Au cœur de son intervention : sécuriser la propriété, moderniser l’administration et mieux maîtriser le patrimoine foncier de l’État.
La question foncière demeure l’un des principaux défis de la transformation urbaine de Kinshasa. Dans les communes de N’Sele, Maluku et Mont-Ngafula, appelées à porter une grande partie de l’expansion future de la capitale, les conflits parcellaires, les occupations spontanées et la superposition des droits constituent encore un frein majeur aux investissements.
Intervenant dans le panel consacré à la sécurisation foncière et à la numérisation du cadastre, la ministre O’Neige N’Sele a défendu la nouvelle loi foncière promulguée en décembre 2025, qu’elle présente comme un tournant dans la gouvernance des terres en RDC.

« Nous avons une nouvelle loi qui gère la terre en RDC. Cette loi, promulguée par le président de la République, renferme beaucoup d’innovations. »
Parmi les priorités annoncées figure la numérisation des archives foncières. Depuis le mois d’août, plus de 350 agents et cadres ont été formés, tandis que 9 circonscriptions foncières ont engagé une première phase d’archivage numérique et physique.
Pour la ministre, cette transformation passe d’abord par la professionnalisation de l’administration :
« Nous avons engagé la numérisation pour adapter l’administration à la nouvelle donne. Nous avons choisi la formation des agents, c’est-à-dire créé de nouveaux métiers qui n’existaient pas. »
L’objectif est de permettre à l’administration de disposer d’une copie numérique fiable des documents délivrés aux propriétaires.
« Aujourd’hui, si vous avez acquis en bonne et due forme, l’administration a la même copie en format numérisé des documents que vous venez d’avoir. »
Cette évolution est loin d’être anodine. Dans un pays où les litiges fonciers peuvent compromettre des investissements importants, la conservation numérique et la traçabilité des titres peuvent devenir un véritable outil de sécurisation des investissements immobiliers.
Mais la réforme porte également une dimension plus large : celle de la maîtrise du patrimoine foncier national. La ministre a rappelé qu’une terre acquise doit être mise en valeur :« Une portion de terrain acquise doit être mise en valeur ; au cas contraire, l’État peut la récupérer et en faire un autre usage. »
Elle a également affirmé :
« La nouvelle loi permet à l’État d’avoir la mainmise sur toutes les terres sur l’ensemble du territoire national. »Ces déclarations traduisent la volonté de renforcer l’autorité de l’État sur la gestion du foncier. Elles devront toutefois être accompagnées de règles d’application claires, de procédures transparentes et de mécanismes efficaces de recours, afin que la reprise en main administrative ne devienne pas une nouvelle source d’insécurité juridique.
Le véritable enjeu : transformer la terre en capital sécurisé
Au-delà de la technologie, le véritable enjeu est économique. Un foncier juridiquement sécurisé rassure les promoteurs, facilite l’accès au financement et peut accélérer la construction de logements et d’infrastructures.
Pour Kinshasa, N’Sele, Maluku et Mont-Ngafula constituent ainsi un véritable laboratoire de la future métropole. La numérisation du cadastre devra permettre non seulement de savoir à qui appartient une parcelle, mais aussi d’intégrer cette information dans une planification urbaine cohérente.
Les 350 agents formés et les 9 circonscriptions engagées constituent donc les premiers indicateurs d’un chantier beaucoup plus vaste.La réussite de cette réforme se mesurera cependant à ses résultats : moins de conflits, des titres plus fiables, une administration plus rapide et surtout une plus grande confiance des investisseurs.
À ExpobetonRDC, la ministre O’Neige N’Sele a posé les bases d’une nouvelle gouvernance foncière. Le défi désormais est de transformer la numérisation des archives en une véritable numérisation de la confiance.

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