Lors de son discours sur l’état de la nation du mercredi 11 décembre 2024, le Président Félix Tshisekedi a réaffirmé que le programme d’action du gouvernement 2024-2028, adopté en juin dernier par l’Assemblée Nationale, servira de feuille de route pour les quatre prochaines années. Ce programme ambitieux place le développement des infrastructures au cœur des priorités pour moderniser la République Démocratique du Congo (RDC) et soutenir la croissance économique.
Objectifs clés du programme pour les infrastructures
Le gouvernement a prévu une série de projets structurants pour désenclaver le pays et améliorer la mobilité des biens et des personnes. Le programme repose sur quatre axes stratégiques majeurs :
1. Modernisation et expansion du réseau routier
2. Développement des infrastructures ferroviaires
3. Réhabilitation des infrastructures aéroportuaires et portuaires
4. Accès à l’eau et à l’électricité
- Modernisation et expansion du réseau routier
Le réseau routier de la RDC, qui couvre environ 153 000 km, présente un état de dégradation avancée. Le gouvernement prévoit :
• Réhabiliter 10 000 km de routes d’ici 2028, avec un budget estimé à 2,5 milliards USD.
• Construire 2 000 km de nouvelles routes asphaltées, principalement pour relier les centres économiques aux zones rurales.
• Moderniser les axes principaux comme la Route Nationale 1 (RN1), reliant Kinshasa à Lubumbashi, avec un investissement de 800 millions USD.
Ces projets visent à réduire les coûts logistiques, qui augmentent actuellement le prix des marchandises de 40 à 60 % en raison des mauvaises conditions de transport.
- Développement des infrastructures ferroviaires
Le secteur ferroviaire, souvent négligé, est au cœur du programme d’action 2024-2028 :
• Réhabiliter 3 000 km de voies ferrées existantes, notamment les lignes Matadi-Kinshasa et Lubumbashi-Ilebo, avec une enveloppe de 1,2 milliard USD.
• Acquérir 50 locomotives modernes pour améliorer le transport de marchandises et de passagers.
• Créer un réseau ferroviaire urbain à Kinshasa, afin de désengorger la capitale, avec une première phase de 150 km prévue pour 2026.
- Réhabilitation des infrastructures aéroportuaires et portuaires
Pour dynamiser le commerce international, le programme prévoit :
• Moderniser les aéroports internationaux de Kinshasa (N’djili), Lubumbashi et Goma avec un budget de 400 millions USD.
• Réhabiliter 20 aéroports régionaux pour faciliter les liaisons domestiques.
• Améliorer le port de Matadi et construire des terminaux modernes à Banana pour un coût estimé à 500 millions USD.
Ces améliorations devraient augmenter le volume des échanges commerciaux de 30 % d’ici 2028.
- Accès à l’eau et à l’électricité
Le développement des infrastructures ne se limite pas aux transports. Le programme prévoit également :
• Augmenter le taux d’accès à l’électricité de 20 % à 40 % d’ici 2028, avec des investissements de 3 milliards USD dans les projets hydroélectriques comme Inga III.
• Étendre l’accès à l’eau potable à 60 % de la population contre 40 % actuellement, grâce à des projets d’extensions des réseaux de la REGIDESO et des initiatives locales.
Financement et mise en œuvre
Le financement du programme, estimé à environ 8 milliards USD, proviendra de plusieurs sources :
• Budget national
• Partenariats public-privé (PPP)
• Organisations internationales comme la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement (BAD).
Un levier pour le développement économique
Ces projets d’infrastructures sont essentiels pour soutenir les secteurs de l’agriculture, du commerce et de l’industrie. Le gouvernement espère que ces investissements permettront de réduire la pauvreté, d’améliorer le climat des affaires et d’attirer des investissements étrangers.
Avec une mise en œuvre réussie du programme d’action 2024-2028, la RDC pourrait entrer dans une nouvelle ère de développement et de modernisation, répondant ainsi aux attentes de millions de Congolais.
Rédaction


