Lors de son allocution sur le corridor de Lobito, le Président Félix Antoine Tshisekedi a souligné l’importance capitale de cette infrastructure dans le désenclavement et le développement socio-économique de la République démocratique du Congo (RDC). Ce projet, bien plus qu’un simple axe de transport, incarne une opportunité unique pour transformer les dynamiques économiques et sociales de la région.

Un désenclavement stratégique pour la RDC
Le Président Tshisekedi a décrit le corridor de Lobito comme une opportunité exceptionnelle de désenclavement pour les régions minières de la RDC. En reliant directement les zones enclavées du pays à l’océan Atlantique via le port de Lobito, cette infrastructure réduit la dépendance vis-à-vis des ports d’Afrique australe, accélérant ainsi les échanges commerciaux internationaux. Le corridor offre également une alternative logistique plus rapide et plus économique, essentielle pour dynamiser le commerce extérieur de la RDC.

Transporter 20 millions de tonnes de marchandises par an d’ici 2030
L’objectif ambitieux de transporter 20 millions de tonnes de marchandises par an d’ici 2030 a été mis en lumière. Cette capacité inclut l’évacuation annuelle de 3 millions de tonnes de minerais, notamment de cuivre et de cobalt, deux ressources stratégiques pour les industries technologiques mondiales. Ce potentiel logistique renforcera la position de la RDC comme acteur clé dans le commerce mondial des minerais.
Un trait d’union entre la RDC, l’Angola et la Zambie
Le corridor de Lobito constitue un véritable trait d’union entre l’Angola, la RDC et la Zambie, favorisant l’intégration régionale. En connectant ces pays, cette infrastructure facilite les échanges commerciaux et le transport de ressources, tout en renforçant la coopération économique et politique entre les nations voisines.
Impact économique et social pour la RDC
Le Président Tshisekedi a insisté sur les retombées positives du corridor pour la RDC, notamment en termes d’emplois et d’opportunités économiques. La construction et l’exploitation de cette infrastructure devraient générer des milliers d’emplois directs et indirects, tout en favorisant le développement de PME locales et en stimulant l’entrepreneuriat. Par ailleurs, les villes minières de Kolwezi et Likasi, situées sur le tracé du corridor, bénéficieront d’une redynamisation économique grâce à une amélioration des infrastructures et des connexions commerciales.
Diminution des coûts logistiques
Le corridor de Lobito offre une alternative logistique plus rapide et moins coûteuse. Par exemple, le trajet ferroviaire jusqu’au port de Lobito prend environ une semaine, contre plusieurs semaines pour atteindre les ports de l’océan Indien. Cette efficacité accrue permettra aux exportations congolaises d’être plus compétitives sur le marché international.
Le projet Inga 3 et la question des locomotives : électrique ou diesel ?
Le Président Tshisekedi a évoqué le rôle du projet hydroélectrique Inga 3, qui pourrait fournir une énergie durable pour l’électrification des infrastructures ferroviaires. Ce projet stratégique, visant à produire jusqu’à 44 000 MW, ouvre la voie à des solutions logistiques plus respectueuses de l’environnement. Toutefois, les locomotives actuellement prévues pour le corridor de Lobito semblent être principalement diesel, en raison de l’absence immédiate d’électrification.

Renforcement du cadre juridique et accords multilatéraux
Pour garantir la viabilité et l’attractivité des investissements privés, le Président Tshisekedi a insisté sur l’importance de renforcer le cadre juridique. Le 4 juillet 2023, un accord multilatéral a été signé pour le transfert de la concession des services ferroviaires du corridor de Lobito à Lobito Atlantic Railway, un consortium regroupant Trafigura, Mota-Engil et Vecturis. La concession, d’une durée initiale de 30 ans, permet au secteur privé de gérer et d’exploiter cette infrastructure clé.
Ce partenariat public-privé est soutenu par des institutions internationales comme la Banque africaine de développement et l’Africa Finance Corporation, qui ont signé un protocole d’accord en octobre 2023 pour soutenir le développement du corridor.
Le rôle du Partenariat pour les Infrastructures Globales (PGI)
Le Président a également salué le soutien du Partenariat pour les Infrastructures Globales (PGI), une initiative du G7. Ce programme vise à mobiliser 600 milliards de dollars d’ici 2027 pour financer des infrastructures durables dans les pays en développement. À ce jour, les États-Unis ont contribué à hauteur de 30 milliards de dollars, renforçant l’engagement international dans des projets comme le corridor de Lobito.

Une vision pour l’avenir
En conclusion, le Président Tshisekedi a présenté le corridor de Lobito comme une initiative phare pour transformer la RDC en un hub économique régional. Cette infrastructure stratégique, avec ses impacts sur le transport, le commerce, l’emploi et l’intégration régionale, illustre une vision ambitieuse pour le développement durable et inclusif du pays. « Le corridor de Lobito n’est pas seulement une route ; c’est une porte ouverte vers un avenir de prospérité partagée, » a-t-il déclaré.
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