RDC : routes, aéroports, rails… le pari des infrastructures pour désenclaver le pays

De Mbuji-Mayi à Kinshasa, de Lubumbashi à Lobito, la RDC accélère ses grands chantiers. Mais le véritable défi est désormais de transformer ces projets en un réseau national capable de produire croissance, emplois et intégration économique.

L’arrivée du Président Félix Tshisekedi ce Samedi 29 Août à Mbuji-Mayi, avec l’inspection annoncée de l’aéroport de Bipemba et de plusieurs chantiers routiers, intervient dans un contexte où la RDC veut accélérer son désenclavement.

Avec près de 2,35 millions de km², la RDC reste confrontée à un déficit majeur d’infrastructures. Selon les chiffres communiqués par le ministère des Infrastructures, le réseau routier aménagé serait passé d’environ 3 000 km en 2019 à près de 8 000 km en 2026. Mais les besoins restent considérables : le pays doit encore relier durablement ses provinces, ses bassins agricoles, miniers et industriels.

Des corridors pour relier le pays

Pour 2026, le gouvernement annonce notamment 3 735 km de routes à stabiliser, avec des axes stratégiques comme la RN1, la RN2 et la RN7.La RN2, avec environ 475 km prévus entre Mbuji-Mayi et Bukavu, et la RN7, longue de 1 184 km entre Kananga et Kisangani, illustrent cette volonté de créer de véritables corridors économiques.

L’objectif ne doit cependant pas être seulement de construire des kilomètres. Une route n’a de valeur économique que si elle relie une population à un marché, une zone de production à un centre de consommation et une province au reste du pays.

Bipemba et la bataille des aéroports

À Mbuji-Mayi, l’aéroport de Bipemba symbolise cette nouvelle ambition. Les travaux de l’aérogare étaient annoncés à plus de 85 % d’exécution en juillet 2026.

Le chantier doit permettre à Mbuji-Mayi de renforcer sa connexion avec les autres provinces et de devenir davantage un pôle économique régional.La modernisation doit également toucher plusieurs plateformes, notamment N’djili, Luano, Kisangani, Goma, Kananga, Gemena, Isiro et Lisala.

À Kinshasa, la modernisation de N’djili représente un investissement annoncé d’environ 500 millions USD, avec notamment une nouvelle aérogare, des infrastructures aéronautiques modernisées et de nouvelles capacités d’accueil.

Le rail revient au cœur de la stratégie

La grande nouveauté est aussi le retour du ferroviaire dans la stratégie nationale.Le Corridor de Lobito prévoit la réhabilitation de 1 004,5 km de voie ferrée entre Dilolo et Sakania, avec un investissement indicatif de 1,258 milliard USD sur une concession de 30 ans.

Avec le soutien américain pouvant atteindre 1 milliard USD, cette infrastructure doit connecter le cœur minier congolais au port angolais de Lobito.Routes, rail et aéroports doivent désormais fonctionner comme un seul système.

Le vrai défi : construire une économie autour des infrastructures

C’est là que se trouve le véritable enjeu.La RDC ne doit pas seulement construire des routes pour transporter des minerais ou des aéroports pour accueillir davantage de passagers.Elle doit construire autour de ces infrastructures des zones industrielles, des plateformes logistiques, des activités agroalimentaires, des PME et des emplois qualifiés.

Chaque nouveau corridor devrait devenir un espace d’investissement.Chaque grand aéroport devrait devenir un pôle économique.Chaque ligne ferroviaire devrait contribuer à réduire les coûts de transport et à rapprocher les producteurs des marchés.

Le chiffre qui comptera demain

Les milliards annoncés sont importants. Mais dans cinq ou dix ans, les Congolais ne demanderont pas combien de contrats ont été signés.

Ils demanderont :

Combien de kilomètres sont réellement opérationnels ? Combien d’emplois ont été créés ? Combien d’entreprises se sont installées ? Combien coûte désormais le transport des marchandises ? Combien de produits agricoles et industriels circulent ?C’est à ces résultats que devra être jugée la politique des infrastructures.La RDC est aujourd’hui un pays en chantier. Le prochain défi est d’en faire un pays connecté.

De Bipemba à N’djili, de Kananga à Kisangani, de Mbuji-Mayi à Lubumbashi et de Kolwezi à Lobito, les infrastructures peuvent devenir les artères d’une nouvelle économie congolaise.Construire est une étape. Relier le pays, créer de la valeur et améliorer concrètement la vie des Congolais : voilà le véritable chantier.

Rédaction

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