600 millions USD pour la réhabilitation des routes en RDC : des engagements ambitieux sous haute surveillance

En mars 2024, le gouvernement congolais a franchi une étape majeure dans sa politique de modernisation des infrastructures en débloquant 600 millions de dollars américains dans le cadre de l’Avenant n°5 au contrat Sicomines. Ce financement s’inscrit dans une stratégie à long terme visant à réhabiliter 5 000 km de routes sur l’ensemble du territoire national.

Des provinces ciblées et des projets structurants

Ce vaste programme d’investissement bénéficie à plusieurs provinces clés :

Kinshasa : Réhabilitation de la route Nzolana et développement des rocades périphériques pour un total de 395 millions USD.

Kongo Central : Travaux sur la Route Nationale 12 entre Lukula, Tshela et Mbanza-Ngungu – 47 millions USD.

Kasai Oriental & Lualaba : Construction de la route Kalamba Mbuji – 180 millions USD.

Kasai Oriental – Lomami – Lualaba : Réhabilitation de la route Mbuji-Mayi – Mwene-Ditu – Kolwezi – 100 millions USD.

Ce financement massif est alimenté par les revenus miniers issus de la joint-venture entre la RDC (via la Gécamines) et le consortium chinois Sicomines.

Un dispositif de suivi renforcé

Face aux inquiétudes suscitées par des antécédents de surfacturation et de gestion opaque (comme le coût controversé de la route Nzolana à 10 715 USD/mètre), plusieurs institutions ont été mobilisées pour assurer la transparence et l’efficacité du programme :

Le Bureau de Coordination du Programme Sino-Congolais (BCPSC) assure la planification globale.

L’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT) supervise l’exécution technique.

L’Inspection Générale des Finances (IGF) veille au contrôle de l’utilisation des fonds.

L’ITIE-RDC et diverses organisations de la société civile comme Afrewatch et CNPAV jouent un rôle de vigilance citoyenne.

Des rapports périodiques, audits indépendants, outils de cartographie (SIG) et comités de pilotage multipartites complètent ce dispositif.

Un enjeu national, des attentes locales

Désenclavement des territoires, fluidité du commerce, réduction des coûts logistiques, emploi local : les promesses de ce programme sont nombreuses. Mais pour que ces routes deviennent de véritables axes de transformation socio-économique, la RDC devra garantir l’entretien durable, l’inclusivité locale et l’alignement sur les priorités nationales.
La route est longue, mais les fondations sont enfin posées.

Rédaction

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