Au cours du déjeuner d’affaires organisé ce samedi 29 novembre 2025 par le Club BTP & CMA, dans le cadre du thème :
« Kinshasa, Mobilité et infrastructures urbaines : quelles solutions pratiques pour l’État, la Ville-Province, les communes et les citoyens ? »,
Madame Éliane Mengi, experte du numérique et promotrice de solutions digitales, a tiré la sonnette d’alarme sur l’absence de considération des projets technologiques pourtant essentiels pour moderniser la mobilité à Kinshasa.

Cinq ans de silence : des projets soumis mais jamais examinés
Éliane Mengi révèle avec amertume :
« Nous avons conçu un projet que nous avons présenté à qui de droit, notamment la CNPR, mais jusqu’à ce jour cinq ans après nous n’avons reçu aucune réponse. »
Ce projet, destiné à renforcer la prévention routière, avait été soumis à la Commission Nationale de Prévention Routière (CNPR), institution censée accompagner les innovations dans le domaine de la sécurité routière.
Pourtant :
• aucun retour,
• aucune évaluation,
• aucun échange technique,
• aucune validation.
Ce mutisme institutionnel illustre le blocage structurel qui ralentit la modernisation de la mobilité dans la capitale.
Un second projet de digitalisation rejeté : une opportunité perdue pour le secteur éducatif
Mme Mengi explique avoir soumis un autre dossier majeur :
« Nous avons produit un projet de digitalisation de chaque étudiant, mais comme d’habitude, il n’a pas reçu l’aval des autorités. »
Ce projet prévoyait :
• l’identification numérique des élèves et étudiants,
• la gestion centralisée des déplacements scolaires,
• la sécurité des trajets,
• la traçabilité des flux de mobilité liés au secteur éducatif,
• et la possibilité de connecter écoles, parents et services de transport.
L’impact aurait été considérable pour :
• la mobilité scolaire,
• la sécurité des enfants,
• les statistiques urbaines,
• et la planification des transports publics.
Mais, une fois de plus, le projet est resté sans suite.
L’urgence de digitaliser la mobilité kinoise
Pour Éliane Mengi, la réponse est simple :
« Il est question de digitaliser tout ce qui concourt à la mobilité dans la ville. »
Elle appelle à un changement de paradigme :
- Moderniser la collecte des données
Sans données fiables, aucune planification n’est possible.
- Encadrer les flux de transport par la technologie
GPS, cartes numériques, signalisation intelligente, plateformes de coordination.
- Intégrer les écoles, chauffeurs, usagers et autorités dans un système digital interconnecté
- Soutenir les entreprises locales expertes du numérique
Un secteur capable de créer des solutions adaptées, rapides, efficaces et moins coûteuses.
Éliane Mengi rappelle avec fermeté :
• que les solutions existent déjà,
• qu’elles sont conçues par des Congolais,
• mais qu’elles restent bloquées faute de volonté politique.
Conclusion : sans digitalisation, la crise de mobilité persistera

L’intervention d’Éliane Mengi met en lumière un constat indéniable :
la mobilité de Kinshasa ne se résoudra ni par des improvisations ni par des mesures ponctuelles.
Elle nécessite :
• des outils numériques modernes,
• une gestion intelligente du trafic,
• une prévention routière digitalisée,
• et une véritable collaboration entre les innovateurs et les institutions publiques.
Les projets existent, les compétences aussi.
Ce qui manque, ce n’est pas la technologie, mais l’ouverture des autorités.
Kinshasa ne pourra entrer dans l’ère des villes intelligentes que lorsque les initiatives numériques locales seront enfin écoutées, soutenues et mises en œuvre.
Rédaction


