La République centrafricaine franchit une étape majeure dans sa stratégie de désenclavement et de diversification de ses voies logistiques. Les travaux de construction d’un port fluvial moderne à Mangoumba, sur le fleuve Ubangui, ont été officiellement lancés le 10 décembre 2025. Ce projet structurant s’inscrit dans le cadre du corridor 13, un axe stratégique destiné à renforcer la connectivité régionale et à réduire la dépendance logistique du pays vis-à-vis du Cameroun.

Longtemps tributaire du corridor Douala–Bangui pour l’essentiel de ses échanges commerciaux, la Centrafrique ambitionne désormais de diversifier ses débouchés et de sécuriser ses chaînes d’approvisionnement. Le futur port fluvial de Mangoumba apparaît ainsi comme une alternative crédible et durable, exploitant le potentiel du transport fluvial, moins coûteux et mieux adapté au commerce de masse.
Un projet stratégique pour le désenclavement du pays
Situé sur les rives du fleuve Ubangui, Mangoumba occupe une position géographique stratégique, à la croisée des échanges entre la République centrafricaine et la République démocratique du Congo. Le port fluvial moderne qui y sera érigé vise à faciliter l’exportation des produits centrafricains, notamment agricoles, forestiers et miniers, tout en améliorant l’importation des biens de consommation et des intrants industriels.
Selon les autorités, ce projet s’inscrit pleinement dans la vision gouvernementale de désenclavement économique, de renforcement de l’intégration régionale et de stimulation de la croissance. Le corridor 13, dont fait partie ce port, est appelé à devenir un levier essentiel du développement national, en offrant une nouvelle voie logistique fiable vers les marchés régionaux et internationaux.
Réduire la dépendance logistique envers le Cameroun
L’un des objectifs majeurs de cette infrastructure est de réduire la forte dépendance logistique de la Centrafrique envers le port de Douala, souvent confronté à des congestions, des lenteurs administratives et des coûts élevés. En misant sur le transport fluvial via l’Oubangui, les autorités espèrent fluidifier les échanges commerciaux, réduire les délais de transport et abaisser les coûts logistiques pour les opérateurs économiques.
Cette diversification des corridors d’approvisionnement devrait également renforcer la résilience de l’économie centrafricaine face aux chocs extérieurs et aux perturbations régionales, tout en offrant plus de flexibilité aux acteurs du commerce.
Un impact économique et social attendu
Au-delà de sa dimension logistique, la construction du port fluvial de Mangoumba est porteuse d’importantes retombées économiques et sociales. Le chantier lui-même devrait générer des emplois directs et indirects, tandis que l’exploitation du port favorisera le développement d’activités connexes telles que le transport, la manutention, le commerce et les services.
À terme, cette infrastructure devrait contribuer à dynamiser les économies locales riveraines du fleuve Ubangui, améliorer les conditions de vie des populations et renforcer l’attractivité de la région pour les investisseurs.
Une ambition tournée vers l’intégration régionale

Avec le lancement de ces travaux, la République centrafricaine affiche clairement son ambition de s’inscrire davantage dans les dynamiques régionales de commerce et de transport. Le port fluvial de Mangoumba, pilier du corridor 13, pourrait ainsi devenir un maillon essentiel du réseau logistique en Afrique centrale, favorisant les échanges transfrontaliers et la coopération économique entre les États de la sous-région.
En misant sur des infrastructures modernes et adaptées à ses réalités géographiques, la Centrafrique pose les bases d’un développement plus autonome, durable et inclusif, tout en réaffirmant sa volonté de tirer pleinement parti de son potentiel fluvial encore largement sous-exploité.
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