Le lundi 2 février 2026, au prestigieux Qasr Al Watan d’Abu Dhabi, le Président Félix-Antoine Tshisekedi et Son Altesse Cheikh Mohamed ben Zayed Al Nahyane ont officialisé un Accord de Partenariat Économique Global (APEG) appelé à remodeler en profondeur les équilibres commerciaux et logistiques de l’Afrique centrale. Loin d’un simple traité bilatéral, cet engagement marque une étape décisive dans la stratégie de transformation économique de la République démocratique du Congo, dont l’un des piliers majeurs est la création d’un port en eaux profondes à Banana, dans le territoire de Moanda.

Une vision économique chiffrée et structurante
L’APEG s’articule autour de trois axes stratégiques complémentaires.
Le premier concerne le commerce et l’investissement, avec l’ouverture du marché émirati à 6 000 produits congolais et l’objectif ambitieux de porter les investissements directs des Émirats en RDC à 10 milliards de dollars américains d’ici 2030.
Le deuxième axe, au cœur de cette dynamique, porte sur les infrastructures, notamment la mise en place d’un port en eaux profondes de standard international à Banana.
Le troisième repose sur les mines et la diplomatie, en mettant l’accent sur la traçabilité des minerais, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement et la coopération entre les académies diplomatiques des deux pays.
Banana : une ouverture stratégique sur l’Atlantique
Malgré son immense potentiel économique et ses ressources naturelles considérables, la RDC reste encore largement tributaire d’infrastructures portuaires étrangères ou de plateformes fluviales situées en amont du fleuve Congo. Le port en eaux profondes de Banana vient rompre cette dépendance historique en offrant au pays un accès maritime direct à l’océan Atlantique, capable d’accueillir les plus grands navires du commerce mondial.
Dans sa phase initiale, le projet prévoit la construction d’un quai de 600 mètres avec un tirant d’eau de 18 mètres, adapté aux porte-conteneurs de nouvelle génération. Il sera complété par une zone de stockage de 30 hectares et une capacité annuelle d’environ 450 000 conteneurs EVP, un niveau sans précédent pour les infrastructures portuaires congolaises.
À terme, cette plateforme pourrait s’imposer comme un hub logistique majeur pour l’Afrique centrale, renforçant l’intégration de la RDC dans les circuits du commerce international et réduisant considérablement les coûts et délais liés aux exportations et importations.
Un levier économique de grande ampleur
Le chantier est conduit par DP World, l’un des leaders mondiaux du secteur portuaire, dans le cadre d’un partenariat public-privé avec l’État congolais. L’exécution de la première phase a été confiée au groupe international Mota-Engil, reconnu pour son expertise dans les grands projets d’infrastructures.

Des extensions sont déjà programmées, dont l’allongement du quai à plus de deux kilomètres, afin d’augmenter progressivement la capacité d’accueil et de traitement du port. Sur le plan macroéconomique, les retombées attendues sont considérables : hausse des flux commerciaux, réduction des coûts logistiques, attractivité accrue pour les investisseurs et accélération de l’industrialisation le long des corridors reliant Banana à l’arrière-pays congolais.
Un moteur de développement territorial
Au-delà de ses performances économiques, le port de Banana est aussi porteur d’un fort impact social. Des milliers d’emplois directs et indirects devraient être créés, depuis la phase de construction jusqu’aux activités portuaires, logistiques et industrielles. Cette dynamique est susceptible de transformer durablement le Kongo-Central, en stimulant les filières agricoles, minières et commerciales grâce à un accès simplifié aux marchés mondiaux.
Une nouvelle stature pour la RDC
La réalisation d’un port en eaux profondes à Banana ne constitue pas seulement un exploit technique. Elle incarne une reconfiguration stratégique majeure pour la RDC, qui renforce à la fois sa compétitivité économique et sa souveraineté commerciale. En se dotant d’une véritable porte maritime sur l’Atlantique, le pays s’inscrit pleinement dans les grandes chaînes logistiques mondiales.
Dans un contexte où l’Afrique redéfinit sa place dans l’économie globale, le port de Banana pourrait bien devenir l’un des symboles les plus marquants de l’intégration économique régionale au XXIᵉ siècle.
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