La République démocratique du Congo est confrontée à l’un de ses fléaux les plus destructeurs : la spoliation des biens fonciers et immobiliers. Derrière ce phénomène, ce sont des milliers de familles, d’entreprises, de services publics et même de missions diplomatiques qui se retrouvent privés de leurs droits, dans un climat d’insécurité juridique qui mine la confiance nationale et internationale.

Réuni le vendredi 13 février en Conseil des ministres, le gouvernement a décidé de sortir de l’inaction. Le Ministre d’État, Ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a porté devant ses collègues un dossier explosif : celui de la spoliation systémique des terres et immeubles en RDC. Une réalité qui touche aussi bien l’État que les citoyens ordinaires, et qui alimente conflits sociaux, violences urbaines et blocage de l’investissement.
Une prise de conscience gouvernementale
Face à l’ampleur du phénomène, le ministre de la Justice a proposé une série de mesures urgentes visant à reprendre le contrôle du foncier national. Son plaidoyer a reçu un soutien politique fort au sein du gouvernement.
Le Ministre de l’Urbanisme et Habitat, Alexis Gisaro, le Ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, ainsi que la Ministre des Affaires foncières, O’Neige N’sele, ont tous insisté sur un point essentiel : la lutte contre les spoliations est une condition préalable à la restauration de l’autorité de l’État, de la stabilité sociale et de la crédibilité du pays.
Un mal enraciné dans un cadre juridique dépassé
Le ministre Guillaume Ngefa a rappelé que cette crise est largement héritée des limites de l’ancienne loi foncière, longtemps inadaptée aux réalités démographiques, urbaines et économiques du pays. Cette faiblesse juridique a ouvert la voie à des réseaux de falsification, de corruption et de prédation foncière.
La récente révision de la loi, portée par la ministre O’Neige N’Sele constitue donc un tournant. Elle vise à sécuriser la propriété, à clarifier les titres, à renforcer le cadastre et à donner aux autorités judiciaires les outils nécessaires pour frapper les réseaux de spoliation.
Un enjeu de souveraineté et de développement
Au-delà des litiges individuels, la spoliation foncière est un problème de souveraineté. Lorsqu’un État n’est pas capable de protéger ses propres terres, ses bâtiments, ses écoles, ses hôpitaux et même ses ambassades, c’est l’ensemble de son autorité qui est remise en cause.
Pour les investisseurs, nationaux comme étrangers, l’insécurité foncière est un signal d’alarme. Aucun projet sérieux ne peut voir le jour sans garantie sur la propriété du sol. L’éradication des spoliations devient ainsi un pilier de la relance économique.
De la parole aux actes

Le gouvernement semble désormais conscient que le statu quo n’est plus tenable. La coordination entre la Justice, l’Urbanisme, les Infrastructures et les Affaires foncières ouvre la voie à une réponse globale, mêlant réformes juridiques, action judiciaire et réorganisation administrative.
La bataille contre les spoliations sera longue, mais elle est incontournable. Car défendre la terre, c’est défendre l’État, la paix sociale et l’avenir du Congo.
Rédaction


