Formation professionnelle en RDC : l’urgence d’une réforme pour bâtir les compétences de demain

À l’heure où la République démocratique du Congo ambitionne d’accélérer son développement économique et de moderniser ses infrastructures, la question de la formation professionnelle s’impose comme un enjeu stratégique. C’est le message qu’a porté Georges Alise Kalebo, président national de l’Union des centres de formation et des établissements professionnels du Congo, lors du traditionnel déjeuner-débat organisé par le Club BTP & CMA, ce samedi 25 juillet 2026.

Face à un parterre d’acteurs du secteur du bâtiment, des travaux publics, de l’enseignement technique et des partenaires économiques, le responsable de l’Union a dressé un état des lieux sans complaisance de la formation professionnelle en RDC. Son intervention a surtout mis en lumière la nécessité d’adapter les centres de formation aux mutations technologiques et aux exigences du marché de l’emploi.

Selon Georges Alise Kalebo, de nombreux établissements de formation professionnelle ont été créés par des promoteurs privés qui, malgré leur engagement, évoluent parfois dans un environnement marqué par des difficultés de gouvernance, de gestion et d’encadrement. Cette réalité appelle à un meilleur accompagnement institutionnel afin que ces structures puissent pleinement jouer leur rôle dans la qualification de la jeunesse congolaise.

Au-delà de la question de la gouvernance, le président national de l’Union estime que l’évolution fulgurante des technologies de l’information et de la communication impose une profonde remise en question des programmes de formation. Les coordinateurs nationaux ainsi que les promoteurs d’établissements ont constaté que plusieurs filières enseignées depuis des décennies ne répondent plus aux réalités économiques actuelles.

« Certaines formations ont été jugées archaïques et ne sont plus adaptées aux besoins des entreprises », a-t-il souligné, plaidant pour une modernisation des contenus pédagogiques et des méthodes d’enseignement.

Cette réforme, selon lui, ne peut être uniquement académique. Elle doit s’appuyer sur une actualisation du cadre législatif, une modernisation des équipements techniques et des matériels didactiques, ainsi qu’une implication accrue des secteurs productifs dans la définition des compétences recherchées.

Pour Georges Alise Kalebo, la formation professionnelle constitue l’un des principaux leviers permettant à l’État de disposer d’une main-d’œuvre qualifiée capable d’accompagner les grands projets de développement. Les centres de formation ne doivent plus être considérés comme de simples établissements d’enseignement, mais comme de véritables incubateurs de compétences, où se prépare le capital humain indispensable à la croissance nationale.

Le secteur du bâtiment et des travaux publics illustre parfaitement cette nécessité. Alors que la RDC multiplie les projets de routes, de logements, de ponts, d’ouvrages hydrauliques et d’infrastructures énergétiques, les besoins en techniciens qualifiés, conducteurs de travaux, électriciens, soudeurs, maçons spécialisés, géomètres ou encore opérateurs d’engins ne cessent de croître.

Or, sans une offre de formation modernisée et en adéquation avec les standards internationaux, le pays risque de voir ces emplois occupés par une main-d’œuvre insuffisamment qualifiée ou de dépendre davantage de compétences étrangères.

L’intervention du président national de l’Union des centres de formation et des établissements professionnels du Congo sonne ainsi comme un appel à une mobilisation collective. L’État, les établissements de formation, les entreprises, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations professionnelles sont invités à travailler ensemble pour refonder le système de formation professionnelle.

L’objectif est clair : faire des centres de formation des espaces d’innovation, d’excellence et d’employabilité, capables de répondre aux défis de la transformation économique du pays.Dans une RDC engagée sur la voie de l’industrialisation et de la diversification de son économie, investir dans la formation professionnelle ne relève plus d’un simple choix de politique publique. Il s’agit d’un impératif stratégique. Car derrière chaque chantier, chaque usine et chaque projet d’infrastructure se trouvent des femmes et des hommes dont les compétences constituent la véritable richesse de la Nation.

Rédaction

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