Ce vendredi, à la Cité de l’Union africaine, le gouvernement Suminwa II s’est réuni pour sa 67ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres, sous la présidence de Félix Tshisekedi. Parmi les principaux dossiers examinés, les travaux d’assainissement de la ville de Kinshasa ont occupé une place de choix, signe que l’exécutif place désormais la lutte contre l’insalubrité parmi ses urgences.

Une salubrité en crise
Kinshasa, capitale aux dimensions tentaculaires, souffre depuis longtemps d’un déficit important en infrastructures d’assainissement. Zones inondables, canaux bouchés, égouts inefficaces ou inexistants… Ces maux ont des conséquences directes sur la santé publique, l’environnement urbain et la qualité de vie des habitants. Le dernier Conseil des ministres l’a encore rappelé, soulignant que ces défis ne peuvent plus être ignorés.
L’urgence de cette situation a été accentuée par des inondations récentes qui ont exposé la vulnérabilité de certains quartiers de Kinshasa et la fragilité des infrastructures d’évacuation des eaux. Ces conditions exacerbent les risques sanitaires, notamment la propagation de maladies hydriques.
Une commission ad hoc et un rapport attendu
Lors d’une précédente réunion (la 38ᵉ), le président Tshisekedi avait déjà alerté sur la nécessité d’une action structurée. Il avait alors demandé à la Première ministre Judith Suminwa de mettre en place une commission ad hoc, composée notamment de ministres concernés, du gouverneur de Kinshasa et de membres de son cabinet, pour évaluer de manière exhaustive l’état de la voirie et de l’assainissement. 
La mission de cette commission est lourde : formuler des recommandations concrètes, proposer des mesures d’urgence et surtout imaginer des solutions durables. Un rapport sur son évaluation doit être rendu dans un délai de 30 jours, selon les instructions présidentielles. 
Des travaux concrets annoncés
Au-delà des évaluations, le gouvernement a évoqué l’ouverture (ou la poursuite) de travaux d’assainissement dans plusieurs zones de Kinshasa. L’objectif est clair : nettoyer et moderniser les canaux, assainir les espaces urbains, renforcer les systèmes d’évacuation des eaux pluviales, et prévenir les inondations qui paralysent régulièrement des quartiers densément peuplés.
Ces travaux visent aussi à accompagner la réhabilitation de la voirie. Parce qu’assainissement et voirie vont de pair : des routes bien construites et des drains efficaces peuvent transformer des quartiers insalubres en zones vivables et résilientes face aux pluies.
Vers une vision urbaine durable
Le président Tshisekedi a insisté sur le fait que ces interventions ne doivent pas être de simples rustines. Il a plaidé pour une approche durable : des constructions solides, un entretien régulier, et surtout une vision d’avenir qui prépare Kinshasa à affronter les défis urbains du futur. 
Cette volonté politique, réaffirmée au 67ᵉ Conseil des ministres, marque un tournant. Plutôt que des interventions ponctuelles, l’exécutif semble vouloir installer un système d’assainissement structuré, qui fonctionne sur le long terme et protège les populations des risques sanitaires et environnementaux.

Les défis restent immenses
Malgré l’ambition affichée, plusieurs obstacles sont à surmonter :
• Le financement : les ressources mobilisées doivent être suffisantes, et leur gestion rigoureuse pour éviter les gaspillages.
• La coordination : la commission ad hoc devra travailler efficacement avec les autorités provinciales et municipales.
• L’entretien : un assainissement bien construit nécessite un programme d’entretien régulier, sinon les canaux et infrastructures retomberont rapidement en mauvais état.
• La sensibilisation : les populations doivent être parties prenantes, comprendre l’importance du nettoyage des drains, de la collecte des déchets, pour maintenir un environnement sain.
La 67ᵉ réunion du Conseil des ministres met l’assainissement de Kinshasa au cœur des priorités gouvernementales. En formant une commission dédiée, en planifiant des travaux structurants, et en réclamant des solutions durables, le président Tshisekedi et son gouvernement font le pari d’une ville plus propre, plus sûre et plus résiliente. Reste à transformer ces résolutions en actions tangibles, car pour les Kinois, l’enjeu n’est pas seulement esthétique : il s’agit de leur santé, de leur dignité et de leur avenir.
Rédaction


