COPIRAP : Vers une réforme courageuse de la parafiscalité en RDC

Sous l’impulsion de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, et aux côtés du Vice-Premier Ministre du Budget ainsi que du Ministre des Finances, le Gouvernement congolais vient de lancer la Commission de Pilotage de la Réforme de la Parafiscalité (COPIRAP).
Cette nouvelle structure a pour mission d’assainir un système parafiscal devenu tentaculaire, marqué par une inflation d’organismes et d’actes de perception qui freinent la compétitivité de l’économie congolaise.

Une parafiscalité étouffante

Aujourd’hui, on dénombre :
• plus de 240 organismes parafiscaux actifs ;
• plus de 50.000 actes de perception recensés à travers le pays ;
• une superposition des régies nationales (DGI, DGRAD, DGDA), des ministères sectoriels, mais aussi des régies provinciales, municipales, communales et même celles des chefferies.

Résultat : un enchevêtrement institutionnel qui se traduit par une pression fiscale et parafiscale parmi les plus lourdes d’Afrique, alourdissant considérablement les coûts pour les entreprises et renchérissant le prix des biens et services pour la population.

L’absence d’un répertoire unique : un frein à la compétitivité

Le manque de répertoire unique des assujettis favorise la multiplicité des prélèvements et des chevauchements. Chaque administration prélève sans coordination, ce qui multiplie les formalités et ouvre la voie à l’arbitraire.

L’impact sur le secteur des BTP

Le secteur des Bâtiments et Travaux Publics (BTP), moteur potentiel de croissance et d’emplois, est l’une des principales victimes de cette pression. Selon le Club BTP, qui regroupe les entreprises du secteur :
• la parafiscalité excessive fait grimper le coût de construction de 20 à 30 % ;
• l’immobilier reste inaccessible à une large partie de la population congolaise ;
• le secteur, qui pourrait générer des centaines de milliers d’emplois directs et indirects, reste bridé.

Une réforme attendue et courageuse

Avec la mise en place de la COPIRAP, le Gouvernement envoie un signal fort : celui d’une volonté de réforme concertée, structurée et courageuse.
L’objectif est clair :
• réduire le nombre d’actes parafiscaux à un niveau supportable et transparent ;
• instaurer un répertoire unique et centralisé des redevables ;
• harmoniser l’action des régies et administrations pour en finir avec la superposition ;
• créer un environnement des affaires compétitif, attractif pour les investisseurs et bénéfique pour les Congolais.

Le plaidoyer du Club BTP

Le Club BTP milite pour :
• une diminution substantielle de la pression fiscale et parafiscale,
• la relance de l’investissement immobilier pour rendre le logement accessible,
• la reconnaissance du BTP comme secteur clé de l’économie congolaise, capable de contribuer massivement à la croissance, à l’emploi et au développement des infrastructures.

La création de la COPIRAP marque une étape décisive. Mais pour réussir, cette réforme devra aller au-delà des intentions : simplifier, rationaliser et alléger la fiscalité et la parafiscalité.
La RDC a l’opportunité d’assainir son climat des affaires et de libérer le potentiel de secteurs stratégiques comme le BTP. C’est une condition essentielle pour transformer la richesse du pays en prospérité partagée.

Rédaction

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