Corridor de Banana : la promesse d’ExpobetonRDC entre en phase de vérité

À Lubumbashi, lors de la 9ᵉ édition d’ExpobetonRDC, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, avait pris un engagement clair : transformer le Corridor de Banana et la Route Nationale n°1 (RN1) en véritable colonne vertébrale du développement congolais. À l’époque, la promesse résonnait comme un cap stratégique. Aujourd’hui, elle s’approche de l’épreuve décisive : la matérialisation.

Selon l’Agence Congolaise des Grands Travaux, la finalisation des 850 derniers kilomètres entre Mbuji-Mayi (Kasaï oriental) et Nguba (Lualaba) d’ici fin 2027 doit rendre carrossables les 3 300 km de la RN1, depuis Sakania, à la frontière zambienne, jusqu’à l’Atlantique, via Banana. Ce n’est pas qu’un chantier routier : c’est une recomposition de l’espace économique national.

Une route, un pays

Dans un pays-continent comme la RDC, l’infrastructure est politique. La RN1 relie les bassins miniers du Lualaba, les zones agricoles du Kasaï, les pôles industriels du Katanga, et le débouché maritime. Quand elle est fragmentée, c’est la nation qui l’est aussi : les coûts logistiques explosent, les marchés se referment, les régions se replient. Quand elle est fluide, c’est l’intégration qui gagne.

Acheminer un conteneur de Kolwezi vers l’Atlantique coûte aujourd’hui trop cher et prend trop longtemps. Demain, avec une RN1 continue et praticable, la RDC peut reprendre la main sur ses chaînes de valeur : exporter plus vite, importer moins cher, transformer davantage sur place. Le Corridor de Banana est, à ce titre, un outil de souveraineté économique.

De la promesse à la preuve

ExpobetonRDC avait servi de tribune ; la RN1 doit servir de preuve. La crédibilité d’un État se mesure à sa capacité à tenir les délais, sécuriser les financements, coordonner les acteurs et livrer. Les 850 kilomètres restants ne sont pas une ligne sur une carte : ce sont des ponts à reconstruire, des zones marécageuses à stabiliser, des communautés à associer, des entreprises à superviser.

La réussite dépendra de trois leviers :
1. Gouvernance du chantier
Transparence des contrats, contrôle de la qualité, paiement à la performance : la route doit être durable, pas seulement inaugurée.
2. Sécurité et acceptabilité sociale
Une RN1 sécurisée est un multiplicateur de croissance. Les populations riveraines doivent être partenaires du projet, bénéficiaires d’emplois et de services.
3. Articulation logistique
La route doit dialoguer avec les ports, les chemins de fer, les zones économiques spéciales. Le Corridor de Banana n’a de sens que s’il est intermodal.

Un moteur de croissance, vraiment

Les effets attendus sont mesurables :
• Baisse des coûts de transport (jusqu’à 30–40 % sur certains axes),
• Hausse de la compétitivité des exportations,
• Stimulation de l’agro-business (le Kasaï peut nourrir les villes),
• Attraction d’investissements le long du corridor (logistique, stockage, transformation).

À terme, c’est la création d’emplois et l’élargissement de l’assiette fiscale qui consolideront l’État.

L’instant de vérité

La RDC a souvent souffert d’un syndrome de l’inachevé. Cette fois, l’horloge est visible : fin 2027. Le Président a engagé sa parole à Lubumbashi ; l’ACGT engage ses équipes sur le terrain. Le pays, lui, attend une route qui fasse enfin pays.

Si le Corridor de Banana devient réalité, ce ne sera pas seulement un ruban d’asphalte jusqu’à l’Atlantique. Ce sera le signal qu’une promesse publique peut devenir une infrastructure nationale et qu’une ambition, quand elle est tenue, peut réellement changer la trajectoire d’une nation.

Expobeton promeut le concept des corridors de développement, selon lequel une route ne se limite pas à une simple infrastructure de circulation, mais constitue un véritable levier de développement. Elle intègre un ensemble d’équipements économiques et sociaux : centres urbains, pôles de production agricole, industrielle et minière, zones de paysannat, ainsi que des marchés.

Dans cette vision, le Chef de l’État a confié à Expobeton la mission de promouvoir le développement de réseaux intégrés de transport rail, fleuve et route à travers des partenariats public-privé, en associant activement les entreprises congolaises.

Rédaction

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