Le 27 mai 2026, la ville de Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika, accueillera les travaux d’ouverture de la 11ᵉ édition d’ExpobetonRDC, rendez-vous désormais incontournable des acteurs publics, des investisseurs, des experts en infrastructures et des décideurs engagés dans la transformation économique de la République démocratique du Congo.
Cette édition s’annonce particulièrement stratégique, tant par son contexte que par la densité des enjeux qu’elle entend mettre sur la table. Placée sous des corridors Africains,elle s’ouvrira, dans la matinée, par une session inaugurale présidée par Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République et Chef de l’État, marquant ainsi l’importance politique accordée à cette plateforme.À l’issue de la cérémonie officielle d’ouverture, place sera faite à la session inaugurale, un temps fort de cette 11ᵉ édition d’ExpobetonRDC, qui réunira plusieurs hautes personnalités du monde institutionnel, économique et industriel.
Parmi les intervenants attendus figurent notamment Daniel Mukoko Samba, Vice-ministre de l’Économie nationale et professeur ; Guylain Nyembo Mbwizya, Ministre d’État en charge du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement ; Benjamin Katabuka, Directeur général de KoBold Metals DRC ; Christian Kitungwa Muteba, Gouverneur de la province du Tanganyika ; Jian Heyuan, Directeur général de Manono Lithium SA ; ainsi que Jean Bamanisa Saidi, Président du Comité d’Organisation.

Cette session inaugurale s’annonce comme un cadre privilégié d’échanges stratégiques autour des enjeux de développement, de planification territoriale, d’investissements structurants et de valorisation durable des ressources naturelles de la République démocratique du Congo.
Mais au-delà de la symbolique institutionnelle, c’est aussi le contenu intellectuel et prospectif de cette rencontre qui retiendra l’attention. Le premier panel, prévu dans l’après-midi, abordera une question aussi technique que fondatrice pour l’avenir du pays : « L’arbitrage de l’espace national et les défis de la nouvelle loi sur l’aménagement du territoire : coexistence entre zones extractives et zones de développement. »
Cette thématique touche au cœur même du modèle de développement congolais.
Un pays riche… mais sous pression territoriale
La République démocratique du Congo possède l’un des sous-sols les plus riches au monde. Cuivre, cobalt, lithium, or, coltan, pétrole : le pays concentre des ressources stratégiques devenues essentielles dans la transition énergétique mondiale. Pourtant, cette abondance minérale pose une question fondamentale : comment exploiter ces richesses sans compromettre l’organisation harmonieuse du territoire et les ambitions de développement durable ?
Depuis plusieurs décennies, l’extension des activités extractives redessine la géographie économique du pays. Des espaces entiers sont affectés à l’exploitation minière ou énergétique, parfois au détriment des zones agricoles, urbaines ou écologiques. Cette pression crée de nouvelles tensions : conflits d’usage des terres, déplacements de populations, fragilisation des écosystèmes, compétition entre acteurs publics et privés, et parfois même insécurité foncière.
C’est précisément dans ce contexte que la nouvelle loi sur l’aménagement du territoire prend tout son sens.
La nouvelle loi : un instrument de gouvernance ou un test politique ?

L’adoption d’un nouveau cadre légal sur l’aménagement du territoire représente une avancée institutionnelle majeure. Elle traduit la volonté de l’État congolais de mieux planifier l’occupation de l’espace national, de rationaliser l’affectation des terres et de prévenir les chevauchements entre intérêts économiques, sociaux et environnementaux.
Mais entre l’ambition normative et l’application concrète, le défi reste immense.
Comment faire cohabiter une concession minière avec une zone de production agricole ? Comment garantir l’urbanisation des villes émergentes lorsque certaines terres sont déjà réservées à des activités extractives ? Comment protéger les communautés locales tout en maintenant l’attractivité du pays pour les investisseurs ?
Ces questions ne relèvent pas uniquement du droit. Elles touchent à la souveraineté, à la justice sociale, à la gouvernance et à la vision même du développement national.
Kalemie, un symbole territorial fort

Le choix de Kalemie pour accueillir cette 11ᵉ édition n’est pas anodin. Située dans une région aux potentialités multiples minières, agricoles, logistiques et lacustres la ville incarne parfaitement cette rencontre parfois délicate entre exploitation économique et structuration territoriale.Kalemie est à la fois une porte vers l’Afrique australe, un espace de commerce, un territoire d’investissements et un laboratoire des mutations provinciales. Y organiser ce débat, c’est replacer les provinces au centre des politiques publiques et reconnaître que l’avenir de la RDC se construira autant dans ses territoires périphériques que dans ses centres institutionnels.
ExpobetonRDC : d’un salon économique à une plateforme de souveraineté stratégique
Au fil des éditions, ExpobetonRDC a dépassé son statut initial de salon dédié aux infrastructures. L’événement est devenu un véritable espace de réflexion sur la trajectoire économique du pays.L’édition 2026 pourrait marquer un tournant. Car derrière les routes, les ports, les corridors économiques et les investissements industriels, une vérité s’impose : aucun développement durable n’est possible sans une maîtrise stratégique de l’espace national.L’arbitrage territorial n’est plus une question technique réservée aux urbanistes ou aux géomètres. Il est désormais un enjeu politique majeur. Il engage la capacité de l’État à définir les priorités nationales, à anticiper les conflits d’usage et à garantir que les richesses naturelles deviennent réellement un levier de prospérité collective. A kalemie, le 27 mai prochain, la RDC n’ouvrira pas seulement un forum économique.
Elle ouvrira, peut-être, un nouveau chapitre de sa gouvernance territoriale.

Rédaction


