À Kinshasa, le ton a changé.
Face à l’expansion désordonnée de la capitale congolaise, à la pression démographique et aux défis criants liés aux infrastructures, le Président de la République, Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a décidé de replacer la question de l’urbanisme et de la planification territoriale au centre de l’action publique.
Lors de la 89ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue ce vendredi 15 mai 2026, le Chef de l’État est revenu avec insistance sur la nécessité de repenser l’organisation urbaine de Kinshasa, devenue l’une des métropoles africaines à la croissance la plus rapide mais aussi l’une des plus confrontées aux défis d’aménagement, de mobilité, d’assainissement et de gestion foncière.
Cette prise de position présidentielle marque une nouvelle étape dans la volonté des autorités congolaises de faire de l’urbanisme un véritable levier de transformation économique, sociale et environnementale.
Kinshasa face à l’urgence urbaine
L’alerte n’est pas nouvelle, mais elle devient désormais prioritaire au sommet de l’État.
Embouteillages chroniques, occupation anarchique des espaces, constructions irrégulières, érosion, insuffisance des réseaux d’assainissement et pression foncière constituent autant de symptômes d’une ville qui s’est développée plus vite que sa planification.
Pour de nombreux observateurs, la réflexion engagée par le Président Tshisekedi traduit une prise de conscience politique majeure : il ne peut y avoir de développement durable sans maîtrise du territoire.
Car derrière la question urbaine se cache un enjeu stratégique : celui de la gouvernance nationale. Une ville mal planifiée freine la mobilité économique, augmente les inégalités sociales, fragilise les investissements et expose les populations aux catastrophes environnementales.
L’enjeu dépasse donc largement Kinshasa.
C’est toute la politique d’aménagement du territoire de la République démocratique du Congo qui est appelée à évoluer.
ExpobetonRDC 2026 : Kalemie au cœur des solutions

C’est dans ce contexte particulièrement sensible que se tiendra, du 27 au 30 mai 2026 à Kalemie, la 11ᵉ édition de ExpobetonRDC, rendez-vous devenu incontournable des acteurs de la construction, des infrastructures, de l’urbanisme et de l’investissement territorial.
Cette édition intervient à un moment charnière où les questions de planification urbaine, de logement, de financement des infrastructures et d’organisation des espaces de vie s’imposent désormais dans le débat public national.
Le deuxième panel portera sur le thème :

« AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ET PLANIFICATION DURABLE : VERS UNE ORGANISATION INTELLIGENTE DES ESPACES DE VIE ET DES INFRASTRUCTURES »
Un thème qui résonne directement avec les préoccupations exprimées par le Chef de l’État lors du Conseil des ministres.
Ce panel sera présidé par :
Son Excellence Monsieur Fidèle KITENGE, provincial des Infrastructures, Urbanisme et Habitat du Tanganyika.
À travers cette rencontre, experts, urbanistes, architectes, ingénieurs, décideurs publics et investisseurs seront appelés à réfléchir sur plusieurs axes essentiels :
• la modernisation des politiques urbaines ;
• la maîtrise de l’expansion des villes ;
• la planification des infrastructures routières et énergétiques ;
• l’intégration des enjeux climatiques ;
• la résilience des territoires ;
• ainsi que l’amélioration de la qualité de vie des populations.
L’ambition affichée est claire : passer d’une urbanisation subie à une urbanisation organisée et intelligente.
Dans un pays continent comme la RDC, où plusieurs villes connaissent une croissance accélérée, la question de la planification durable devient une nécessité stratégique et non plus un simple exercice administratif.
Le défi foncier au centre du troisième panel

Autre problématique majeure : le foncier et les mécanismes de financement.
Le troisième panel de ExpobetonRDC 2026 abordera le thème :
« INGÉNIERIE FONCIÈRE ET MÉCANISMES DE FINANCEMENT : BÂTIR UN ÉCOSYSTÈME POUR LA PROMOTION IMMOBILIÈRE ET LES NOUVELLES CITÉS DU TANGANYIKA »
Ce panel sera présidé par :
Son Excellence Monsieur Jean-Lucien BUSSA,ministre de l’Aménagement du Territoire.
Le choix de ce thème traduit une réalité incontournable : sans réforme foncière efficace et sans mécanismes de financement innovants, la modernisation urbaine restera limitée.
La question foncière demeure aujourd’hui l’un des principaux freins aux investissements immobiliers en RDC.
Insécurité juridique, conflits de propriété, absence de cadastre moderne, spéculation et difficultés d’accès au financement ralentissent considérablement le développement de nouveaux espaces urbains structurés.
À Kalemie, les échanges devraient donc permettre d’explorer plusieurs pistes :
• la sécurisation du foncier ;
• les partenariats public-privé ;
• les modèles de financement des nouvelles cités ;
• l’attractivité territoriale ;
• ainsi que les outils modernes de gouvernance urbaine.
Une dynamique nationale en construction
Au-delà des discours, ExpobetonRDC 2026 pourrait constituer un véritable laboratoire d’idées pour accompagner la vision portée par les autorités nationales.La convergence entre les orientations du Président de la République et les débats techniques annoncés à Kalemie révèle une volonté progressive de structurer une nouvelle politique urbaine congolaise.
Le défi est immense.
Mais il ouvre également des perspectives considérables :
• création de nouveaux pôles urbains ;
• modernisation des infrastructures ;
• développement immobilier ;
• attractivité économique des provinces ;
• amélioration des conditions de vie ;
• et renforcement de la cohésion territoriale.
Dans un contexte africain marqué par une urbanisation rapide, la RDC possède encore l’avantage de pouvoir anticiper et planifier une partie de sa croissance future.
Encore faut-il transformer les réflexions en politiques concrètes, les recommandations en réformes et les ambitions en projets structurants.
Kalemie pourrait ainsi devenir, le temps de ExpobetonRDC 2026, le point de départ d’une conversation nationale décisive sur la ville congolaise de demain.

Rédaction


