George Forrest à Expobéton RDC : « L’Afrique peut nourrir le monde. Il est temps d’investir dans la terre »

Lubumbashi, samedi 19 avril 2025 — C’est un plaidoyer fort et visionnaire que George Forrest, industriel et investisseur de renom, a porté à la 9ᵉ édition d’Expobéton RDC. Invité d’honneur de cette grand-messe du développement et de l’intégration logistique, il a saisi l’occasion pour présenter son nouvel ouvrage intitulé « L’Afrique peut nourrir le monde » — un manifeste pour un rééquilibrage stratégique de l’économie africaine autour de l’agriculture et de la transformation locale.

« Nous avons trop longtemps consacré notre énergie aux minerais. Il est temps d’investir dans la terre. Elle est fertile, abondante, et surtout stratégique pour notre souveraineté », a-t-il déclaré devant un auditoire captivé.

Un tournant pour la RDC : de l’extraction à la production

George Forrest a insisté sur la nécessité d’investir massivement dans l’agriculture, un secteur selon lui plus inclusif, moins capitalistique et à fort impact social que l’exploitation minière.

« L’agriculture ne demande pas des milliards pour démarrer. Ce dont elle a besoin, c’est de vision, de technologie adaptée, d’accompagnement et de volonté politique. »

Dans cette perspective, il appelle les autorités congolaises à intégrer l’agriculture dans la stratégie de souveraineté économique, affirmant que la RDC peut non seulement nourrir sa population, mais aussi devenir un grenier pour l’Afrique centrale et australe.

L’urgence de la souveraineté alimentaire

Pour l’industriel, l’insécurité alimentaire qui touche plusieurs provinces du pays est un paradoxe inadmissible, compte tenu du potentiel agricole immense de la RDC, qui dispose de plus de 80 millions d’hectares de terres arables, dont moins de 10 % sont exploités.

« La souveraineté alimentaire est un pilier de la souveraineté nationale. Un pays qui importe sa nourriture est un pays vulnérable. »

Il a également évoqué la fragilité des chaînes d’approvisionnement mondiales, exacerbée par les crises récentes (pandémie, guerres, instabilités géopolitiques), comme un argument supplémentaire pour relocaliser la production vivrière.

Transformation locale : clé d’un avenir durable

Outre l’agriculture, Forrest a souligné l’impératif de transformer localement les ressources minières, afin d’améliorer la balance commerciale du pays et de créer des emplois qualifiés.

« L’exportation brute de minerais nous appauvrit. Nous devons construire ici les usines, former ici les ingénieurs, créer ici la richesse. »

Il a plaidé pour une politique industrielle audacieuse, qui valorise aussi bien les produits agricoles que les ressources minérales, dans une logique de complémentarité et de diversification économique.

Un message tourné vers l’action

Clôturant son intervention, George Forrest a exhorté les décideurs politiques, les opérateurs économiques et les jeunes entrepreneurs à saisir cette opportunité historique : faire de l’agriculture un levier de développement, de stabilité et de prospérité.

« Il ne s’agit plus de théorie. Il s’agit de survie, de dignité, de vision. L’Afrique — et la RDC en particulier — peut nourrir le monde. À nous de prouver que nous le voulons. »

Par ses mots, George Forrest rappelle que le développement durable de la RDC ne peut reposer sur un seul pilier minier. Il invite à bâtir une économie équilibrée, productive et souveraine, où la terre retrouve sa juste place : celle d’un trésor national capable de nourrir les Congolais, de créer des emplois, et d’exporter de la valeur ajoutée.

Rédaction

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1 COMMENTAIRE

  1. Excellente initiative et un produit de qualité supérieure. Bravo à Monsieur Jean bamanisa.
    Parfaite considération.
    Me Charles kukulu
    Expert UN Nexus Gouvernance et résolution pacifique des conflits.
    T.+243995244656
    E ckukulu@yahoo.fr

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