Inondations à Kinshasa : Le ministre John Banza Lunda annonce la démolition des constructions illégales

Face à la recrudescence des inondations qui frappent régulièrement la capitale congolaise, le Ministre des Infrastructures et Travaux Publics, John Banza Lunda, a effectué une visite d’inspection sur le site du Pont Cabu, à proximité du Stade des Martyrs. Cette descente de terrain intervient après de fortes pluies qui ont une fois de plus paralysé plusieurs quartiers de Kinshasa, causant d’importants dégâts matériels et humains.

Les constructions anarchiques pointées du doigt

Au terme de cette visite, le ministre a tenu un discours ferme : les constructions illégales édifiées sur les collecteurs d’eau et les emprises publiques seraient à l’origine principale du blocage du réseau de drainage.
« Tout individu ayant érigé une structure sur un collecteur se verra contraint de voir son bâtiment détruit. La loi s’appliquera à tous, sans exception », a-t-il averti.

Les opérations de démolition devraient démarrer sans délai, avec l’appui des autorités provinciales et des forces de l’ordre. L’objectif : restaurer la fluidité du réseau d’évacuation des eaux et prévenir de nouvelles catastrophes lors des prochaines pluies.

Une urgence infrastructurelle nationale

Cette initiative s’inscrit dans le programme de modernisation et de développement urbain impulsé par le Président Félix-Antoine Tshisekedi, qui a fait de la réhabilitation des infrastructures un pilier majeur de son action gouvernementale.
Le ministre Banza Lunda a, à ce titre, déclaré un état d’urgence en matière d’infrastructures, soulignant que la situation actuelle menace non seulement la sécurité publique, mais aussi la crédibilité de l’État dans la gestion urbaine.

« Nous ne pouvons plus tolérer l’incivisme et l’occupation illégale des zones à risque. Kinshasa doit être reconstruite sur des bases durables et respectueuses des normes d’urbanisation », a insisté le ministre.

État des lieux : Kinshasa, une mégapole à bout de souffle

  1. Une urbanisation galopante et désordonnée

Avec plus de 17 millions d’habitants, Kinshasa est aujourd’hui l’une des plus grandes métropoles d’Afrique subsaharienne. Sa population croît à un rythme supérieur à 4 % par an, sans plan d’urbanisation adapté.
Près de 70 % des constructions sont issues de l’auto-construction non planifiée, souvent dans des zones inondables ou instables.

  1. Des infrastructures obsolètes

Les réseaux de drainage et d’assainissement datent pour la plupart de l’époque coloniale. Ils n’ont pas été adaptés à la densification actuelle de la ville.


Résultat : au moindre orage, les eaux de pluie débordent, emportant routes, véhicules et habitations. Plusieurs axes majeurs, comme l’avenue de l’Université, Kintambo Magasin, Matete, ou Limete, se transforment en véritables torrents.

  1. Des conséquences sociales et sanitaires graves

Les inondations récurrentes causent des pertes humaines chaque année et accentuent la propagation de maladies hydriques (choléra, typhoïde, paludisme).
Les populations les plus vulnérables, installées sur les berges du fleuve Congo, du Kalamu ou du Bas-Uélé, sont particulièrement exposées.

  1. Une gouvernance urbaine en transition

Malgré des efforts du gouvernement provincial et central, la coordination institutionnelle demeure faible : chevauchement des compétences, lenteurs administratives et manque de moyens financiers limitent la portée des actions engagées.
Cependant, la création récente de structures comme l’Agence Congolaise des Grands Travaux (ACGT) et la montée en puissance d’initiatives privées (notamment Expobéton RDC) témoignent d’une volonté réelle de réforme.

  1. Des perspectives de renouveau

Le plan de modernisation annoncé par le ministère prévoit :
• La réhabilitation des collecteurs et des axes routiers structurants ;
• La construction de logements décents dans des zones réglementées ;
• La mise en place d’un cadastre urbain digitalisé pour contrôler l’occupation des sols ;
• Et la sensibilisation citoyenne pour encourager le respect des normes d’urbanisme.

Kinshasa se trouve aujourd’hui à un tournant crucial : celui d’une reconstruction urgente et durable. La lutte contre les constructions anarchiques et les inondations n’est pas seulement une question de sécurité, mais un enjeu de gouvernance, de dignité et de développement durable.
La fermeté du ministre John Banza Lunda marque peut-être le début d’une nouvelle ère de responsabilité urbaine, où la capitale congolaise pourrait enfin amorcer sa transformation vers une ville moderne, résiliente et mieux planifiée.
Rédaction

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