Kinshasa : L’ACCO alerte sur le chaos routier et appelle à une réforme urgente de la mobilité urbaine

Lors du déjeuner d’affaires organisé ce samedi 29 novembre 2025 par le Club BTP & CMA, dans le cadre de la réflexion sur
« Kinshasa, Mobilité et infrastructures urbaines : quelles solutions pratiques pour l’État, la Ville-Province, les communes et les citoyens ? »,
M. Kakule, Président de l’Association des Chauffeurs du Congo (ACCO), a livré une analyse directe et sans complaisance du désordre qui règne actuellement sur les routes de la capitale.

Une organisation vieille de 45 ans : l’ACCO rappelle son rôle historique

Créée en 1979, l’Association des Chauffeurs du Congo reste l’une des plus anciennes structures d’encadrement du secteur du transport routier.

M. Kakule précise :

« Dans chaque arrêt de la ville de Kinshasa, il existe un comité de 8 membres chargés d’encadrer les chauffeurs. »

Ces comités jouent un rôle essentiel :
• gestion des files,
• discipline,
• orientation des chauffeurs,
• médiation en cas de conflit,
• communication entre terrain et autorités.

Pour lui, l’encadrement existe, mais il est aujourd’hui perturbé par une multiplication d’acteurs improvisés.

Chevauchement des structures : l’arrivée des “chargeurs du Congo” pointée du doigt

Le président de l’ACCO dénonce une situation qui aggrave le désordre :

« Le désordre qu’on observe dans nos carrefours, c’est le chevauchement des structures avec l’arrivée de l’Association des Chargeurs du Congo, qui vient s’incruster dans le travail que fait déjà l’ACCO. »

Il rappelle que :
• le rôle des chargeurs concerne les ports, les gares, les plateformes logistiques,
• absolument pas la régulation des arrêts de bus ou de taxi dans la ville.

Ce chevauchement crée :
• conflits d’autorité,
• désorganisation des arrêts,
• confusion chez les chauffeurs,
• et parfois des tensions sociales inutiles.

Propositions concrètes : éducation routière, coordination et communication

Face à ce chaos routier devenu chronique, M. Kakule formule des recommandations majeures :

  1. Introduire le Code de la route dans le système éducatif national

« Nous proposons que l’État congolais introduise le cours de Code de la route dans le programme de l’enseignement. »

Cette mesure permettrait :
• d’inculquer une culture routière dès le jeune âge,
• de réduire les accidents,
• de former une génération plus disciplinée,
• de renforcer la sécurité sur les routes.

  1. Communication obligatoire de l’ITPR sur tous les travaux urbains

Il insiste :

« L’ITPR doit nous communiquer tous les travaux exécutés dans la ville. Cela éviterait que les chauffeurs se retrouvent dans des zones bouchées. »

Les chauffeurs, mal informés :
• empruntent des routes fermées,
• se retrouvent piégés dans des chantiers,
• contribuent involontairement aux embouteillages.

Une coordination simple entre les autorités et l’ACCO pourrait réduire 20 à 30 % du trafic inutile.

ACCO ouverte au dialogue et à la technologie, mais exige le respect

Le président de l’ACCO souligne :

« Nous sommes très ouverts aux nouvelles technologies. Nous sommes toujours ouverts au dialogue avec le gouvernement. »

L’ACCO appuie l’innovation :
• GPS pour chauffeurs,
• digitalisation des stations,
• ticketing électronique,
• modernisation du transport urbain.

Cependant, il déplore :

« Parfois, on cherche à nous imposer des décisions qui vont à l’encontre de nos intérêts. »

Ce manque de consultation fragilise la gouvernance du secteur et crée des tensions inutiles entre chauffeurs et institutions.

Conclusion : écouter l’ACCO, un impératif pour résoudre le chaos routier de Kinshasa

L’intervention de M. Kakule révèle une réalité trop souvent ignorée :
les chauffeurs sont les premiers acteurs de la mobilité.
Ils connaissent le terrain mieux que quiconque.

Sans leur implication :
• aucune réforme de mobilité ne sera efficace,
• aucun plan urbain ne sera appliqué,
• et aucune infrastructure ne résoudra les embouteillages.

L’État, les communes et les services techniques doivent désormais :
• clarifier les rôles,
• renforcer la coordination,
• intégrer l’éducation routière,
• associer les chauffeurs aux décisions,
• et moderniser le secteur avec eux, pas contre eux.

L’ACCO tend la main.
Il revient aux autorités de la saisir pour construire, enfin, une mobilité organisée à Kinshasa.

Rédaction

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