I. Le cri d’alarme d’une ville saturée
Kinshasa, mégapole tentaculaire de plus de 17 millions d’habitants, vit aujourd’hui sous la menace permanente des eaux qu’elle a elle-même condamnées. Ce que l’on appelait jadis rivières, veines naturelles de la ville, ne sont plus que des fosses infectes, des dépotoirs à ciel ouvert et des égouts à ciel ouvert.
À chaque pluie, c’est le même scénario : rues inondées, habitations emportées, maladies hydriques en recrudescence. La capitale étouffe, littéralement, sous le poids de son surnombre et de son insalubrité.

II. Le diagnostic : quand l’homme écrase tout pour survivre
“Sans repères, l’homme invente les siens.”dixit Jean Bamanisa, président d’ExpobetonRDC
Faute de planification urbaine rigoureuse, la ville s’est développée dans le désordre.
Les rivières Ndjili, Funa, Makelele, Kalamu, Lukunga, et bien d’autres sont devenues les décharges de fortune d’une population en quête d’espace et de survie.
• Les “pouces-pousseurs”, ces éboueurs informels, y déversent quotidiennement des tonnes d’ordures.
• Les constructions anarchiques longent les berges, réduisant les lits des rivières. Pour gagner du terrain, certains riverains déversent des moellons directement dans le cours d’eau, érigeant des fondations illégales.
• Les fosses septiques improvisées se vident dans ces mêmes rivières : à la moindre pluie, les matières fécales se répandent dans les quartiers, propageant un risque élevé d’épidémies.
• Les déchets plastiques s’accumulent et bouchent les canalisations, aggravant les inondations.
Résultat : un réseau fluvial urbain complètement asphyxié. Les rivières kinoises ne respirent plus elles agonisent.
III. Les conséquences : une bombe sanitaire et écologique
Cette situation n’est plus une simple nuisance, mais une véritable crise écologique et sanitaire.
• Propagation des maladies hydriques : choléra, typhoïde, dysenterie menacent la santé publique.
• Inondations récurrentes : chaque pluie, même modérée, submerge des quartiers entiers, détruisant habitations et biens.
• Pollution du sol et des nappes phréatiques : les infiltrations d’eaux usées contaminent les sources d’eau potable.
• Dégradation accélérée des infrastructures : routes, ponts et canalisations cèdent sous la pression des eaux et des déchets.
L’économie locale en pâtit : marchés fermés, commerces sinistrés, familles déplacées. Kinshasa paie aujourd’hui le prix d’une urbanisation sans contrôle.
IV. L’appel d’ExpobetonRDC : des solutions plus fortes, plus durables
Face à l’urgence, ExpobetonRDC appelle à une mobilisation nationale et citoyenne autour d’un plan de sauvetage des rivières kinoises.
Les solutions doivent être plus fortes que les causes du désordre.
- Programme national de curage et de restauration écologique
• Lancer un programme permanent de curage des rivières, avec une cartographie claire des zones à risque.
• Employer des entreprises locales encadrées par l’État
• Introduire des barrages filtrants anti-plastiques aux embouchures principales. - Législation et contrôle
• Geler toute construction en zone inondable et sanctionner les extensions illégales.
• Mettre en place une police écologique urbaine pour surveiller les berges et les dépôts d’ordures.
• Réviser le plan d’urbanisme de Kinshasa pour y réintégrer les couloirs fluviaux naturels. - Gestion intégrée des déchets
• Créer un système de collecte décentralisé, soutenu par les communes et le secteur privé.
• Favoriser le recyclage des plastiques via des partenariats public-privé.
• Soutenir les “pouces-pousseurs” en les intégrant dans une coopérative urbaine d’assainissement formalisée. - Éducation et mobilisation citoyenne
• Campagnes massives de sensibilisation dans les quartiers, écoles et marchés.
• Promouvoir une culture de propreté et de responsabilité environnementale.
• Créer des journées mensuelles de salubrité urbaine, à l’image du “Salongo” modernisé.
V. Kinshasa, capitale d’avenir ou ville submergée ?

L’heure n’est plus aux discours, mais à l’action coordonnée.
Kinshasa doit redevenir une ville vivable, respirable, et résiliente.
Les rivières sont le miroir de la cité : tant qu’elles seront malades, la ville le sera aussi.
“Les solutions doivent être plus fortes que la crise elle-même.”
A déclaré,Jean Bamanisa, président de ExpobetonRDC
le temps d’un sursaut collectif
Kinshasa est surbondée, oui. Mais elle n’est pas condamnée.
L’ingéniosité, la solidarité et la rigueur peuvent inverser la tendance.
Sauver les rivières, c’est sauver la ville, sa santé, son économie et son avenir.
Rédaction


