Les premières pluies se sont abattues sur Kinshasa. Attendue comme un soulagement après des semaines de chaleur suffocante, l’averse a rapidement tourné en cauchemar, réveillant la cohorte habituelle de catastrophes : inondations, routes impraticables, maisons effondrées.

« Ici, une goutte d’eau suffit à rappeler la fragilité de toute la ville », souffle Clarisse, habitante de Ngaba, en montrant ses biens emportés par un torrent boueux.
Des efforts visibles mais insuffisants
Il faut reconnaître que des travaux d’asphaltage ont été entrepris par le gouverneur Daniel Bumba ces derniers mois. Plusieurs axes majeurs ont retrouvé un revêtement plus praticable. Mais face à l’ampleur du défi, ces avancées paraissent comme une goutte d’eau dans l’océan.
« Oui, on voit des routes neuves, mais qu’en est-il des caniveaux ? Tant qu’ils restent bouchés, chaque pluie sera une catastrophe », explique un chauffeur de taxi piégé dans les embouteillages de Pompage.
Quand la pluie tue à petit feu
Les quartiers périphériques, bâtis à flanc de collines ou sur des terrains instables, sont les plus vulnérables. Les glissements de terrain guettent, les électrocutions se multiplient, et les enfants jouent malgré les torrents qui envahissent les ruelles.

Un agent de la Croix-Rouge témoigne : « À chaque saison, nous ramassons des corps. Ce n’est pas la pluie qui tue, c’est l’absence d’infrastructures. »
Une saison qui s’annonce redoutable
Kinshasa, mégalopole de 15 millions d’âmes, aborde cette nouvelle saison des pluies avec plus d’inquiétudes que d’assurance. Tant que la ville restera à la merci du ciel, chaque averse sera moins une bénédiction qu’un avertissement tragique.
Rédaction


