Un pas stratégique pour la souveraineté industrielle ferroviaire de la RDC
Le ministère des Transports, Voies de Communication et Désenclavement vient d’annoncer le lancement officiel d’un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) international pour la construction d’une usine de fabrication de rails ferroviaires en République Démocratique du Congo.
Cette initiative marque une avancée majeure dans la volonté du gouvernement de développer une industrie locale capable de soutenir l’ambition nationale : réhabiliter et moderniser l’ensemble du réseau ferroviaire, relancer la logistique nationale et renforcer l’intégration régionale.

Un marché stratégique pour l’économie nationale
La RDC dispose de l’un des plus vastes territoires du continent (2,345 millions km²), avec une position géographique charnière entre l’Afrique australe, l’Afrique de l’Est et l’Afrique centrale.
Pourtant, le pays reste faiblement connecté : moins de 10 % des besoins ferroviaires sont actuellement couverts, selon plusieurs estimations techniques.
Une usine locale de fabrication de rails permettrait notamment :
de réduire drastiquement les importations de rails (actuellement 100 % importés de diminuer les coûts de construction des chemins de fer de soutenir les projets stratégiques : corridor de Lobito, corridor du Tanganyika, Banana-Kinshasa, rail Matadi-Kinshasa, Sakania-Kasumbalesa, etc.
de créer une filière industrielle complète (acier, transformation, métallurgie) de générer plusieurs milliers d’emplois directs et indirects.
Une réponse aux besoins croissants des corridors ferroviaires
Les ambitions du pays nécessitent des volumes considérables :
Le corridor de Lobito représente à lui seul plus de 1 300 km de lignes à réhabiliter et à prolonger. Le projet Banana–Kinshasa et son extension vers le Kasaï pourraient exiger jusqu’à 2 000 km de rails. La modernisation des lignes de la SNCC (Lubumbashi–Kindu, Kalemie–Kabalo, Kananga–Ilebo) nécessite des dizaines de milliers de tonnes supplémentaires. D’où la nécessité stratégique de disposer d’une capacité locale de fabrication.
Les grandes lignes de l’Appel à Manifestation d’Intérêt
Le ministère invite les entreprises nationales et internationales à soumettre leurs dossiers dans les domaines suivants : Conception, financement et construction de l’usine; Études techniques, environnementales et de faisabilité
Construction clé en main
Transfert de technologie et formation de main-d’œuvre locale des capacités de production attendue; Les candidats devront démontrer leur capacité à produire : des rails UIC 50, UIC 54, UIC 60; ainsi que des accessoires ferroviaires (tirants, éclisses, traverses métalliques)
- Modèle industriel et économique
Approvisionnement en acier (sidérurgie locale ou importations) Modèle financier durable; Capacité d’exportation vers la région SADC et COMESA
- Exigences de qualité

Les matériaux devront répondre aux normes internationales (EN, AREMA, UIC) afin d’assurer la compatibilité avec les réseaux ferroviaires régionaux. Un projet aligné avec la vision de modernisation des infrastructures
L’implantation d’une usine de fabrication de rails s’inscrit pleinement dans la vision du gouvernement :
stimuler l’industrialisation nationale
renforcer la chaîne logistique et réduire les coûts de transport accélérer la modernisation ferroviaire positionner la RDC comme hub ferroviaire régional encourager la transformation locale des ressources nationales
Ce projet ouvre une opportunité majeure pour les investisseurs disposant d’une expertise en sidérurgie, ingénierie et financement d’infrastructures.
Rédaction


