Modernisation de l’aéroport international de N’djili : Infrarose, symbole de la souveraineté économique congolaise, aux commandes

Kinshasa, capitale politique et économique de la République démocratique du Congo (RDC), s’apprête à franchir une étape décisive dans sa transformation en hub aérien régional. Le gouvernement congolais a officiellement relancé le chantier de modernisation de l’aéroport international de N’djili, avec un changement majeur : pour la première fois, c’est une entreprise congolaise, Infrarose, qui prend la tête d’un projet d’une telle envergure, estimé à 500 millions de dollars.

Un projet de transformation aux standards internationaux

Loin d’une simple réhabilitation, le chantier vise une reconstruction complète des infrastructures aéroportuaires afin de répondre aux normes internationales de sécurité, de confort et d’efficacité.

Parmi les principales composantes du projet :
• Une nouvelle aérogare de 48 000 m² sur deux niveaux, capable d’accueillir jusqu’à 5 millions de passagers par an ;
• La rénovation et l’extension des pistes, incluant une piste dédiée aux opérations militaires de la FARDC ;
• Des passerelles télescopiques, un tarmac modernisé, des hangars techniques et un parking à étages ;
• Des installations de fret et de logistique aéroportuaire, notamment une caserne de lutte anti-incendie, un système de balisage lumineux et une alimentation énergétique renforcée ;
• L’intégration de technologies vertes, avec des bornes pour véhicules électriques et des solutions d’éclairage à basse consommation.

Ce projet vise à positionner Kinshasa comme un carrefour stratégique du transport aérien en Afrique centrale, à l’image de Nairobi, Addis-Abeba ou Johannesburg, facilitant ainsi les connexions avec les grands pôles économiques africains, européens et asiatiques.

Infrarose : une fierté nationale à la tête du projet

La désignation d’Infrarose, entreprise congolaise fondée à Kinshasa et employant entre 500 et 1 000 personnes, marque un tournant historique. Active dans la conception, le financement et la réalisation de projets d’infrastructure complexes, Infrarose s’est imposée comme un acteur de référence alliant expertise locale et respect des normes techniques internationales.

Pour garantir la réussite de ce chantier emblématique, Infrarose s’est associée à des partenaires de renom, dont le célèbre cabinet d’architecture américain Skidmore, Owings & Merrill (SOM), à l’origine de plusieurs infrastructures aéroportuaires majeures dans le monde.

Il s’agit là du plus grand marché public jamais attribué à une entreprise congolaise dans le secteur aéroportuaire – un signal fort de la volonté du gouvernement de faire confiance aux compétences nationales.

D’un modèle chinois à une solution congolaise

Le projet de modernisation de N’djili avait initialement été confié à l’entreprise chinoise WIETC, dans le cadre d’un financement par Exim Bank China. Mais après plusieurs années de retard et des conditions de financement jugées peu avantageuses, le contrat a été résilié en 2023. Une tentative de relance avec la société turque Milvest a également échoué.

Face à ces difficultés, le gouvernement a fait le choix stratégique d’opter pour un montage financier hybride (public/privé/concession) sous la supervision de la Régie des Voies Aériennes (RVA), et de confier la réalisation à un acteur local capable de garantir la réactivité et la maîtrise du projet.

Un symbole fort de souveraineté et de transformation

Pour Jean-Pierre Bemba, Vice-premier ministre et chef de file du projet, « ce chantier est un jalon stratégique dans la marche vers l’émergence ». Il incarne la volonté de la RDC de renforcer ses capacités internes, de soutenir ses champions nationaux et de réduire sa dépendance aux groupes étrangers dans les projets structurants.

La livraison du nouvel aéroport est prévue pour 2028, sous réserve du respect du calendrier.

Et après ?

La réussite du chantier de N’djili pourrait ouvrir la voie à :
• La modernisation des aéroports secondaires à travers le pays (Lubumbashi, Goma, Kisangani, Mbandaka, Kalemie…) ;
• La valorisation de la main-d’œuvre congolaise et des bureaux d’études locaux ;
• La redéfinition du rôle stratégique de Kinshasa dans le réseau aérien régional et continental.
Rappelons que la firme Infrarose, dirigée par M. Rahim Dhrolia,a également réalisé l’aérogare de Kolwezi pour un coût jugé abordable, estimé à 28 millions de dollars,comme l’a souligné Son Excellence Monsieur le président de la République lors de sa visite sur le Chantier.

Dans un contexte où la diplomatie économique, la connectivité et les flux logistiques deviennent des leviers de puissance, l’aéroport de N’djili version 2028 s’impose déjà comme la vitrine d’une RDC qui construit son avenir, par et pour les Congolais.

Rédaction

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